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Hénallux et le CoDiEC Namur-Luxembourg :
un pont entre les niveaux d'enseignement

Par Arnaud Michel
Actu
lundi 21 septembre 2026

Et si on rapprochait davantage l’enseignement supérieur et l’enseignement obligatoire? C’est l’objectif qui a poussé le ­CoDiEC Namur-Luxembourg à lancer un projet interniveaux durant l’année scolaire écoulée. Rapidement, l’enjeu de l’enseignement du tronc commun est apparu assez clairement avec un constat de départ: la Haute école Namur-Liège-Luxembourg (Hénallux) forme de futurs enseignants qui devront intervenir dans le tronc commun; sans avoir eux-mêmes vécu ce tronc commun. 

« Nous avons mené la réflexion et une idée a émergé. Pourrions-nous donner une vision de ce qu’est le tronc commun à partir de l’expérience d’enseignants qui sont déjà sur le terrain et qui le vivent au quotidien? », explique Paul Leblanc, directeur diocésain pour l’enseignement secondaire, supérieur, pour adultes et pour les centres PMS.  

Des contacts sont ensuite établis avec l’Hénallux qui propose des filières pédagogiques sur deux sites, Malonne et Bastogne. « Les enseignants de la haute école nous ont fait la proposition de créer des binômes composés d’un enseignant du supérieur et d’un enseignant soit du fondamental, soit du secondaire. » Cela en fonction du projet.  

Un petit groupe s’est donc mis au travail pour piloter et encadrer le projet; mêlant CoDiEC et Hénallux. « Le projet a été initié par Yannic Pieltain (NDLR: ancien directeur diocésain pour l’enseignement fondamental). Son successeur, Olivier Biset, a bien évidemment repris la suite. Du côté de l’Hénallux, Christine Vandenhooft et Pol Bollen, respectivement directrice et directeur des départements pédagogiques de Bastogne et Malonne, étaient autour de la table; ainsi que Denis Gérard, psychopédagogue », énumère le directeur diocésain.  

C’est en juin 2025 qu’est donné le coup d’envoi du dispositif. « Même si le tronc commun n’était pas encore arrivé en secondaire, des sujets pouvaient déjà être abordés, notamment l’accompagnement renforcé. Nous avons créé une vingtaine de binômes que nous avons mis en contact », ajoute Paul Leblanc.  

Le contact était plutôt informel dans un premier temps afin de faire connaissance pour ensuite se formaliser début octobre. Une rencontre était organisée sous la houlette des conseillers au soutien et à l’accompagnement relai (CSAR), Vincent Romain et Sébastien Vigneron pour le CoDiEC Namur-Luxembourg qui ont également assuré le suivi. Sur la vingtaine de binômes, une quinzaine mettait en relation enseignement supérieur et enseignement fondamental.  

Une mission leur a été confiée à cette occasion: la présentation des grandes lignes de leurs projets lors d’un événement programmé à la fin mai 2026. «Il n’y avait pas d’attendus précis, de canevas imposé. Juste l’avancement de leurs travaux avec la liberté sur la manière de présenter. Pour être franc, à ce moment-là, on ne savait pas très bien quelle forme allait prendre cette journée.»  

Par la suite, l’organisation de la journée qui clôturait cette première expérience a pris forme, basée évidemment sur l’inter-niveaux. « Il y a d’abord eu une intervention plus institutionnelle sur ce qu’est le tronc commun, ce qu’il change d’un point de vue pédagogique, dans les référentiels, etc. Gaëtane de Lame (NDLR: directrice adjointe pour la Direction de l’enseignement fondamental au SeGEC) et son homologue du secondaire, Pascale Prignon se sont collées à l’exercice. Ensuite, les trois intervenants de l’Hénallux ont présenté la réforme de la formation initiale des enseignants (RFIE). Cette partie a fait la part belle à un axe plus concret sur ce que cela implique dans les écoles; notamment en termes de stage où désormais ce sera plutôt une équipe de professeurs qui encadrera chacun des stagiaires et plus un seul enseignant », précise encore Paul Leblanc. Une bonne occasion de lancer un appel vers l’enseignement obligatoire à l’encadrement des étudiants des filières pédagogiques.  

La journée a ensuite donné la place aux présentations sous différents formats et avec différents supports, laissés à la liberté des binômes.  

Paul Leblanc dresse un bilan très positif de la journée. « C’était tellement intéressant que certains nous ont dit qu’il n’y avait pas assez de temps. Je préfère qu’il y en ait eu un peu trop peu que trop », sourit le directeur diocésain. Un premier pas qui sera peut-être le début d’un plus long chemin commun.  

Math, français, pédagogie active: des projets divers et variés  

Le moins que l’on puisse écrire est que les idées de projets ont fusé; et ce dans des domaines très variés comme les mathématiques, le français ou encore les dispositifs pédagogiques plus innovants.  

« HenAsty : quand les maths s’illuminent » était le titre d’un projet mené par l’Hénallux Malonne et l’ITN Asty Moulin (secondaire). Des professionnels de l’enseignement collaboraient pour s’approprier les nouveaux référentiels du tronc commun, les croiser par leurs visées transversales dans un objectif : faire sens pour leurs apprenants respectifs en reliant les concepts mathématiques à une application technique. Le projet a été expliqué au travers d’une exposition retraçant les différentes étapes du travail, de la réflexion aux réalisations concrètes, en passant par l’immersion des étudiants de l’Hénallux à Asty-Moulin. Parmi les réalisations concrètes, citons la création de lampes de chevet en aluminium, mobilisant des compétences en FMTTN et en mathématiques.  

Avec l’Institut Sainte-Marie de Jambes, ce sont les pédagogies actives qui ont été explorées, et singulièrement la pédagogie active. La question de départ : et si les futurs enseignants développaient leur pouvoir d’agir en expérimentant dès la formation des dispositifs pédagogiques innovants ?  

Ce projet visait à former des étudiants de la haute école à la pédagogie active en les amenant à concevoir et tester des ateliers en classe autonome, drill, mémorisation… dans une classe de 1re secondaire déjà familière de ces pratiques. Il s’agit d’un apprentissage par l’action, basé sur l’observation, l’expérimentation et l’analyse réflexive. Le but était de passer d'un discours sur la pédagogie active à une mise en œuvre concrète et sécurisante pour les futurs enseignants.  

Ces deux exemples, sur la vingtaine de collaborations, dévoilent l’émulation créée par cette initiative commune assez inédite. Ils montrent également la richesse de travailler au-delà des frontières habituelles

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