Le 15 septembre, quarante dirigeants wallons et bruxellois ont lancé un appel clair : il faut relancer la dynamique de l’enseignement francophone. Ils ont raison. Améliorer notre système éducatif exige un cap, de la constance et la mobilisation de tous. Pas des coups d’arrêt ni des changements de direction permanents.
Depuis dix ans, l’enseignement obligatoire en Fédération Wallonie-Bruxelles s’est engagé dans une réforme systémique ambitieuse. Autorités et acteurs scolaires ont accepté de construire ensemble, avec un objectif simple et exigeant : une école plus efficace, plus équitable et capable de faire réussir chaque élève.
PISA 2025 envoie aujourd’hui un signal encourageant : notre enseignement résiste mieux que d’autres et progresse dans le classement européen. Ces avancées ne doivent rien au hasard. Elles sont le fruit du travail des directions, des enseignants, des éducateurs et de toutes celles et ceux qui s’engagent chaque jour au service des jeunes.
Ne cédons pourtant ni au triomphalisme ni à l’impatience. Une transformation de cette ampleur se juge sur la durée. Il faut du temps pour déployer les chantiers, mesurer leurs effets et corriger ce qui doit l’être. L’éducation a besoin de stabilité. Elle ne peut être la victime de changements de cap à chaque législature.
Cette réussite repose d’abord sur les équipes éducatives. Elles portent la réforme malgré la fatigue et une charge croissante. Mais elles ne peuvent pas tout. Parents, entreprises, associations, responsables politiques : chacun doit prendre sa part. PISA le rappelle avec force : le défi éducatif dépasse les murs de l’école.
En dix ans, réseaux, Pouvoirs organisateurs, directions, syndicats, parents et experts ont appris à construire ensemble. Il y a eu des tensions, des résistances et des désaccords. Mais le dialogue a permis d’avancer. Cette capacité à dépasser les intérêts particuliers pour servir une ambition commune est une force. Ne la dilapidons pas.
Notre boussole doit rester claire : dialoguer, évaluer, ajuster et tenir le cap. Évaluer n’est pas renoncer. C’est refuser l’immobilisme autant que l’aveuglement. C’est améliorer la réforme sans en briser l’élan.
Il faut maintenant accélérer : déployer les nouveaux référentiels en deuxième et troisième années du secondaire, adapter les apprentissages aux réalités contemporaines jusqu’à la fin de la formation générale et donner enfin à l’enseignement qualifiant la reconnaissance et les moyens qu’il mérite.
Les premiers résultats nous donnent une raison d’espérer, pas une raison de ralentir. L’enjeu est décisif : la réussite de chaque élève. Nous avons choisi un cap et commencé à obtenir des résultats. À présent, une responsabilité s’impose : poursuivre, corriger et réussir. S’arrêter au milieu du gué serait une erreur. Pour nous, il n’y a pas d’autre option que de mener le tronc commun jusqu’en troisième.
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