Après 14 années passées à la tête de l’Association des directions de l’enseignement spécialisé primaire du réseau libre (ADESP), Béatrice Barbier passe le flambeau à Laurent Lerminieau, actuel directeur de l’école Clerfayt à Binche. Ce passage de témoin était l’occasion, pour Entrées libres, de revenir sur le rôle, les missions et l’avenir de l’ADESP.
En pareille occasion, il est souvent d’usage de dresser un bilan de l’action passée et de tracer les lignes directrices qui mèneront la nouvelle présidence. En matière de bilan, Béatrice Barbier peut être fière du sien même si elle reste sur sa faim. « Le bilan est à la fois important et faible. Dans le spécialisé, on reste les oubliés. Nous scolarisons moins d’élèves. Dans le fondamental l’ADESP représente "seulement" 56 directions. Mais en même temps, nous avons réussi à faire parler de l’enseignement spécialisé. C’est un des rôles de l’association : parler pour le spécialisé et l’ensemble de ces directeurs et qu’il soit le moins souvent oublié par les pouvoirs publics. »
Si elle quitte la présidence de l’ADESP, Béatrice reste plus que jamais attachée à l’enseignement spécialisé puisqu’elle est directrice de l’école Les Chardons à Chastre. « Je n’oublierai jamais le spécialisé. Il est important d’ancrer le fait qu’il est différent tout en faisant partie des autres. On travaille avec des enfants en souffrance mais aussi avec des parents en souffrance. Ils méritent les mêmes droits que les autres. Nous devons aussi prendre soin des enseignants. C’est souvent difficile mais ils obtiennent aussi de très belles victoires. »
Des ponts entre primaire et secondaire
Dès la rentrée prochaine, Laurent Lerminieau prendra la relève. Une destinée à laquelle il ne s’attendait pas forcément. « Je n’étais pas candidat au départ. C’est difficile de trouver quelqu’un car la tâche est ardue et pointilleuse », entame le directeur de Clerfayt. « Être président de l’ADESP, c’est devoir jongler entre la direction de son école et ce rôle qui est de fédérer l’ensemble des écoles, de les représenter notamment dans certaines instances du SeGEC ou au sein du Collège des directeurs du fondamental. »
Pas de grande révolution en vue. « Comme Béatrice s’est attelée à le faire pendant presque 15 ans, je veux rendre ses lettres de noblesse à l’enseignement spécialisé », explique Laurent, en rendant hommage au travail de sa prédécesseure.
Durant son mandat, Laurent Lerminieau mettra un point d’honneur à poursuivre les synergies avec l’ADESC, le pendant de l’ADESP pour le secondaire. « Je voudrais créer une interaction avec le secondaire et le président de l’ADESC, Olivier Nivarlet. Il y a un enjeu de fluidifier le passage du primaire au secondaire. Il est important de créer plus de ponts entre les deux niveaux. »
Pour parler de l’enseignement spécialisé, quelle meilleure conclusion que l’explication du nom de l’école dirigée par Béatrice Barbier? « Si mon école s’appelle les Chardons, c’est parce qu’on voulait un nom qui ressemble à l’enseignement spécialisé. Un chardon, ça pique quand on le voit de loin mais quand on s’en approche, c’est très beau. » « What else? », comme dirait Georges…
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