Le 27 mars dernier, quelque 130 membres du SeGEC, des CoDIEC et de l'IFEC se réunissaient à l'aérodrome de Namur pour la Journée d'étude annuelle. Au programme : une immersion dans les enjeux de l'intelligence artificielle, entre compréhension, questionnement et mise en pratique collective.
9h du matin, aérodrome de Namur. Une bonne centaine de personnes du SeGEC, des CoDiEC et de l'IFEC prennent place autour de tables volontairement mélangées. Pas question de rester entre collègues du même département. La couleur indiquée sur l'invitation à l'entrée, c'était ça : forcer le mélange dès le départ.
Le ton est donné. Cette journée d'étude consacrée à l'IA ne sera pas une conférence de plus. « Ce n'est pas une formation, on n'est pas là pour faire des prompts », tranche Olivier Bouchaud, organisateur de la journée. « On est là pour construire une pensée collective propre au SeGEC. »
Le coup d'envoi est ludique : le Protocole SELDON, un jeu conçu par l'UFAPEC, plonge les tables dans des questions concrètes. « Est-ce que, ça, c'est vraiment de l'IA ? » « Pourquoi les algorithmes de recrutement reproduisent-ils des stéréotypes ? » Durant deux heures, les représentations bougent et les discussions s'animent.
Avant la pause déjeuner, trois intervenants internes posent les bases pour le SeGEC. Erik Dusart plante le cadre légal et réglementaire : RGPD, AI Act (règlement européen sur l'intelligence artificielle), ce que ça implique concrètement pour l'organisation. Jonathan Leloup questionne les usages : quand et pourquoi utiliser l'IA, et surtout quand s'en abstenir. Didier Lefebvre, directeur du service IT, présente la politique d'accompagnement en cours de construction.
L'après-midi change de registre. Daniel Bonvoisin (Média animation) interpelle : et si l'IA était en train de confisquer l'utopie du web ouvert ? Benoît Frénay, président de TRAIL et chercheur à l'UNamur, raconte comment son université a construit sa propre démarche IA, non pas à partir d'outils, mais à partir de vrais besoins.
Pour conclure la journée vient Luc de Brabandère, philosophe et ingénieur. Sa formule tombe, simple et percutante : une IA peut reconnaître un visage, mais pas le trouver beau. Elle a de la mémoire, mais pas de souvenirs. Elle ne sait pas ce qu'elle fait. Ce rappel philosophique, en fin de journée, laisse des traces.
« J'espère qu'on a mis un petit doute là-dedans », confie Olivier Bouchaud. Frédéric Coché, directeur de l’IFEC, repart avec une préoccupation précise : « Le risque que l'IA se nourrisse de contenus produits par l'IA elle-même. À un moment, ça crée une boucle où la qualité se dégrade. » Gokhan, membre du département économique, lui, retient « l'idée de collaboration et de maîtrise de l'outil, plutôt que de simple application ».
La suite, elle, appartient aux managers et aux directeurs. Les formations continuent, portées par Jonathan Leloup. De plus, la cellule IA du SeGEC ambitionne de devenir le point d'entrée de tous les projets, avec, à terme, des agents IA propres à l'institution.
Une journée d'étude « ne sert à rien s'il n'y a pas d'action derrière », conclut Olivier Bouchaud. Le message est lancé.
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