Aller au contenu principal
  1. Accueil
  2. >
  3. Numéro 208

Madame Murielle, un pilier discret de
la vie scolaire à l’Institut Saint-Ambroise

Par Gérald Vanbellingen
Confidences

Entre les enfants qui lui confient leurs soucis dans la cour, les parents qui lui glissent un message pour la maîtresse et les enseignants qui lui demandent mille petits services, Mme Murielle est partout — et pourtant, on ne la remarque pas toujours. De l'accueil du matin à la garderie du soir, en passant par les repas chauds du midi, elle tisse discrètement le quotidien de l'Institut Saint-Ambroise (Liège). L'un de ces fils invisibles sans lesquels l'école ne serait plus tout à fait elle-même.

Mon année

En début d’année je suis: 

«Toujours contente de retrouver le chemin de l’école, de revoir tout le monde. Depuis que je suis là, certains enseignants ont pris leur pension, la direction a changé aussi, mais globalement, l’encadrement est resté le même. Je dirais toutefois que ces dernières années, le début de l’année est toujours marqué par un questionnement sur le futur au vu du contexte global qui entoure l’enseignement en général comme mon métier. »

À la fin de l’année, je suis: 

« Je suis contente d’avoir du repos. Quand on regarde mes horaires, on se dit que ce n’est pas énorme en termes d’heures, mais des horaires coupés comme les miens, c’est souvent plus fatiguant que si c’était en un bloc plus classique. Après, c’est une habitude à prendre, un rythme à trouver et le fait que je sois tout près de l’école est un vrai plus. »

Carrière

Le jour où j’ai intégré l’Institut Saint-Ambroise: 

« J’ai un lien particulier avec cette école. Le papa de ma fille y a fait sa scolarité, ma fille y est allée également et pendant qu’elle y était, j’allais déjà donner un coup de main de manière bénévole. La fancy-fair par exemple, où je tiens toujours le stand des frites, cela doit faire au moins 20 ans que j’y participe. Mais officiellement, j’ai commencé à travailler à l’Institut Saint-Ambroise en 2012. À l’époque, j’avais repris des cours du soir en Promotion Sociale et quand jai fini mon cursus, lancien directeur m’a appelée pour me proposer de devenir surveillante à l’école. Au départ, ce n’était que des petits horaires, puis ça a évolué vers un temps plein. Aujourd’hui, j’occupe une double fonction. Je suis surveillante extra-scolaire et technicienne de surface. Et j’aime beaucoup ce que je fais.»

Épanouissement

Ce qui me plaît à l’école :

« J’adore le contact avec les enfants, qu’ils viennent me parler dans la cour, me confier leurs anecdotes, leurs histoires ou leurs soucis. Jaime aussi beaucoup l’ambiance générale. Les lieux, les bâtiments, les élèves, cela forme un tout qui fait que depuis que j’ai intégré l’école, je n’ai jamais pensé à aller travailler ailleurs. J’ai par exemple déjà été travailler à l’école Sainte-Thérèse qui fait partie du même PO, mais je ne m’y sentais pas aussi bien. C’était totalement différent. Et puis, j’habite à cinq minutes à pied de l’école, ce qui est un gros avantage.»

Une journée type chez moi, cela ressemble à : 

«Les lundis, mardis, jeudis et vendredis, je suis présente dès 7h15 pour l’ouverture de l’école. Jusqu’à 8h15, j’accueille les élèves à la porte principale et ensuite, je passe dans la grande cour jusqu’à 8h30. Je rentre alors chez moi pour revenir à l’école vers 11h30. Je prépare alors tout ce qu’il faut pour le dîner chaud. Les maternelles mangent à midi pile, et les primaires vers 12h10. Il faut que ça suive évidemment, car tous les élèves doivent être dans la cour vers 12h30. Mais ce qui m’importe, c’est surtout que les élèves puissent manger à leur aise, y compris le dessert. Alors cette année, des ALE viennent encore m’aider pour le service, mais l’année prochaine, cela sera probablement supprimé. Ce sera donc beaucoup plus sportif – ce qui est déjà le cas quand il y a des absents ! Une fois que les élèves ont terminé leur repas, je file alors dans la cour pour surveiller de 12h30 à 13h30. Enfin, ma journée se termine avec la garderie du soir, accessible de 15h30 à 18h pour les élèves. »

Le mercredi, «le jour le plus long » : 

« Le mercredi, j’assure l’ouverture comme les autres jours puis je reviens à l’école dès midi. Où j’assure la garderie jusqu’à 17h. C’est une surveillance très longue où j’ai environ une trentaine d’élèves à surveiller jusqu’à 13h, le moment où la garderie devient payante. À partir de 13h, le nombre d’élèves diminue progressivement jusqu’à environ une quinzaine pour le reste de l’après-midi. On commence toujours par manger tranquillement au réfectoire. Ensuite, en fonction du temps, cest soit jeux dehors dans la cour de récré – où on a la chance d’avoir des modules et un grand espace – soit des jeux de société, des livres et des bricolages à l’intérieur. Même si j’adore les enfants, les jours de mauvais temps je dois bien avouer que je suis contente de voir les derniers partir. Le bruit est parfois épuisant. Des collègues qui nettoient les étages me demandent souvent comment j’arrive à tenir. Je leur réponds que j’ai l’habitude, mais c’est vrai que certains jours, c’est usant. Quand c’est comme ça, il y a toujours un petit moment où elles viennent surveiller les enfants pour que je puisse souffler deux minutes. Parce qu’il est hors de question de les laisser seuls ! »

La formation que j’ai suivie : 

« Je me suis formée sur le tas. En gérant les élèves au cas par cas et au fur et à mesure des années. Ce qui m’a permis de mieux connaître les enfants, mais aussi de mieux savoir comment réagir en cas de problème. L’année passée, on avait encore la chance d’avoir un éducateur à mi-temps à l’école. S’il se passait quelque chose à la garderie ou le matin, je gérais dans un premier temps, puis il venait prendre le relais. Les enfants aimaient bien aller lui parler, expliquer leurs problèmes, etc. Cette année, comme on n’a plus d’éducateur, je gère par moi-même et/ou je passe le relais au directeur.»

La relation avec les enseignants : 

« Globalement, elle est très bonne. Je ressens du respect par rapport à mon travail. Et puis beaucoup d’enseignants me demandent de relayer des informations aux parents, de distribuer les bricolages, etc. Il y a souvent plein de petites tâches comme celles-ci qui se rajoutent et que j’aime beaucoup. Le matin, c’est souvent l’inverse qui se produit. Des parents me demandent d’informer les enseignantes sur certaines choses liées à leur enfant et quils ne peuvent pas leur dire directement, faute de temps le matin. J’assure donc aussi ce lien qui est important à mes yeux.»

Difficultés

Les difficultés liées au métier : 

«En premier lieu, il y a cette incertitude quant à mon emploi pour l’année prochaine. Tout dépend du nombre d’élèves et des subsides que l’école reçoit, sans parler du contexte actuel.  Ce qui représente beaucoup d’incertitudes. Cette année, je n’ai déjà plus un temps plein mais 7h de moins par semaine. Perdre mon travail serait très compliqué alors que je ne suis qu’à quatre ans de la pension. On ne sait pas non plus dans quelles conditions je devrai effectuer mon travail vu que les ALE devraient disparaître. Bref, le contexte global est compliqué, mais j’espère de tout cœur pouvoir être encore ici l’année prochaine. Ensuite, de manière générale, je dirais qu’au fur et à mesure du temps, ce qui est le plus difficile à gérer, ce sont certains parents d’élèves. Avec la majorité tout se passe bien, mais certains n’acceptent pas du tout de voir que leur enfant puisse être puni. Même quand on leur explique ce qu’il s’est passé, qu’il y a des règles à respecter, c’est très compliqué. Avant, ce genre de comportements était très rare, maintenant, c’est bien plus courant.»

Les autres défis à relever au quotidien :

« Comme on en a déjà parlé un peu, je dirais qu’il faut pouvoir gérer le bruit. C’est vraiment usant à la longue. Il faut le vivre pour comprendre l’impact que ça peut avoir sur la fatigue. Ensuite, comme je suis très souvent toute seule, il faut pouvoir tout gérer et anticiper, ce qui n’est pas toujours évident. En fin de semaine, je suis souvent bien contente de pouvoir respirer un peu pendant deux jours.»

École à table: pour des repas scolaires de qualité et accessibles

Nous avons également rencontré Mme Murielle dans le cadre du projet École à Table. Mené par une ASBL du même nom, il a pour objectif de promouvoir une offre de repas scolaires de qualité au sein des écoles fondamentales de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Pour y parvenir, l’ASBL entend mettre l’ensemble des acteurs autour de la table: des fournisseurs de repas aux écoles en passant par le personnel en cuisine. Les écoles qui participent au projet bénéficient d’un accompagnement ciblé, d’une coordination avec les différents acteurs de terrain et d’un dialogue renforcé avec les pouvoirs publics.

Si vous voulez rejoindre le projet.

Ce contenu ne peut être affiché car vous n’avez pas accepté
les cookies optionnels liés à celui-ci.

Les informations affichées font appel à des contenus venant de sites tiers (Spotify et Youtube) qui disposent de leur propre politique de confidentialité. Lors du choix de vos préférences en matière de vie privée, vous avez émis le souhait de ne pas accepter les cookies optionnels.

D'autres articles
pourraient vous intéresser

Ce contenu ne peut être affiché car vous n’avez pas accepté
les cookies optionnels liés à celui-ci.

Les informations affichées font appel à des contenus venant de sites tiers (Spotify et Youtube) qui disposent de leur propre politique de confidentialité. Lors du choix de vos préférences en matière de vie privée, vous avez émis le souhait de ne pas accepter les cookies optionnels.