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Liban :
enseigner, vaille que vaille…

Par Arnaud Michel
Actu

Depuis plus de quarante ans, le Liban est le théâtre de conflits. Ce pays situé entre Israël et la Syrie a souvent été la caisse de résonance des conflits au Moyen-Orient. Depuis plus d’un mois désormais, le Liban vit, à nouveau, sous les bombardements israéliens, conséquence de la guerre menée par les États-Unis et Israël en Iran. Dans ce contexte, comment les écoles catholiques libanaises arrivent-elles à poursuivre leur mission, dans ce pays qui compte environ 40% de chrétiens ?

Article 17 Actu DR

Le Père Youssef Nasr est le secrétaire général du SGEC-L, le secrétariat général des écoles catholiques au Liban. Pour Entrées libres, il dresse un état des lieux de la situation. « L’enseignement catholique au Liban compte 320 écoles, scolarise 200.000 élèves et emploie 15.000 enseignants et 5.000 membres du personnel.»

Au moment d’écrire ces lignes, le 8 avril, le Liban subissait une attaque inédite. «Nous vivons une folie. Plus de 100 sites ont été bombardés en 30 minutes à travers tout le Liban. » L’impact sur les écoles catholiques, et sur l’enseignement en général, est majeur. « Dans le sud Liban, dans la région de Bekaa (NDLR : centre du Liban) et dans la banlieue de Beyrouth, toutes les écoles sont, soit déplacées, soit l’enseignement se donne en ligne. Dans les autres régions, là où c’est possible, le présentiel est maintenu.»

Au Liban, les écoles catholiques sont des écoles privées. Elles sont financées par les frais de scolarité payés par les familles. « Les familles n’ont plus la capacité de payer ces frais. Nous ne serons bientôt plus capables de payer les enseignants. La guerre affecte l’enseignement de cette manière mais aussi en termes de qualité. Enseigner en ligne n’est pas optimal. En outre, la santé mentale des élèves est délicate. Ce qu’ils voient au quotidien est catastrophique.»

Dans ce contexte, le Père Youssef Nasr met tout en œuvre pour que l’enseignement puisse se donner partout. «Nous avons des écoles fortes mais également environ 200 écoles vulnérables. Cest le rôle du SGEC de soutenir ces écoles afin quelles poursuivent leurs missions.»

Cette situation, le Père Miled Koura la vit au quotidien dans son établissement, l’école des Sœurs de Sainte-Thérèse à Hadchit. Bien que située au nord du Liban, à l’abri du conflit armé, l’instabilité du pays touche l’école et son organisation. «Nous accueillons environ 160 élèves, de 4 ans à 18 ans, dans notre établissement, dans une région majoritairement chrétienne maronite», explique celui qui est directeur et aumônier de l’école.

« Par souci de solidarité avec les familles de nos élèves, durement touchées par la crise, nous avons fait le choix de ne pas augmenter les frais de scolarité. Cette décision, bien que profondément humaine et conforme à notre mission, a engendré un déficit annuel important, estimé à environ 140.000 dollars américains pour cette année. »

La formation des enseignants est un autre dégât collatéral de la guerre. « Nous peinons à recruter des professeurs de français ou d’anglais. Quand on en trouve, ils doivent venir de Beyrouth ce qui représente un long trajet et des frais supplémentaires. » Les Sœurs de Marie-Thérèse comme d’autres écoles à travers le pays sont à la recherche de soutien. «Quil soit financier, technologique, pédagogique ou encore formatif.»

« Nous faisons partie de l’OIEC (Office international de l’enseignement catholique). C’est bien que nos écoles, nos élèves, leurs familles se sentent soutenus, ne fut-ce que moralement et spirituellement, par l’ensemble des écoles catholiques dans le monde. Ça nous aide à rester sur pied», conclut le Père Youssef Nasr.

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Contacts : 

Facebook du SGEC-L : 

Facebook de l’école des Sœurs de ­Marie-Thérèse de Hadchit 

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