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  3. Numéro 208

Ecoles
et mobilité

Par Gérald Vanbellingen
Dossier

Une fois n’est pas coutume, le dossier d'Entrées libres centré sur la mobilité ne consiste pas en un tour d'horizon, il se présente comme un carnet de route. Un carnet composé d'histoires de trois écoles qui ont mis la mobilité en mouvement, au sens propre. Avec le Veloctobus de Wezembeek-Oppem, où des élèves pédalent en groupe pour aller à la piscine. Le Don Bosco Tour et ses mille kilomètres à vélo depuis la Belgique pour relier Turin. Ou encore les animations de l'ASBL Fedemot, qui depuis vingt-cinq ans se rend dans les écoles de Wallonie pour que les jeunes apprennent — avant de prendre le guidon — ce que la route ne pardonne pas.

ASBL Fedemot : 25 ans à mettre la sécurité routière au programme des écoles

A Liège, une ASBL sillonne les écoles de Wallonie depuis plus de vingt-cinq ans pour sensibiliser les jeunes aux réalités de la route. Fedemot, fondée en 1999 par Jean-Marie Jorssen, ne fait pas beaucoup de bruit mais accumule les kilomètres. Entrées libres a rencontré son président, convaincu que c'est dans les classes que se joue une bonne partie de la sécurité routière de demain.

Fedemot est née il y a plus de vingt-cinq ans. Comment l'aventure a-t-elle démarré ?

« À l'origine, il y avait une prise de conscience personnelle. Comme beaucoup, j'ai acheté une moto dès que j'en ai eu les moyens. Et très vite, j'ai réalisé qu'on avait statistiquement bien plus de risques d'accident à deux roues qu'en voiture. J'ai alors rejoint une association flamande qui défendait les motards, mais l'approche était trop revendicative. Dénoncer l'état des routes ou manifester à la rue de la Loi un samedi après-midi quand les bureaux sont vides, pour moi ça ne mène nulle part. Alors avec quelques amis — dont un collègue policier de la brigade motocycliste, décédé depuis dans un accident — nous avons choisi une autre voie. Celle d’aller vers les jeunes et les gens en général, pas pour les inciter à rouler en moto ou en scooter, mais pour les prévenir des dangers. »

Pourquoi cibler les écoles, notamment ?

« Parce que c'est là que ça fonctionne vraiment. Si vous organisez une journée de sécurité routière sur une place publique un dimanche, il n’y aura pas grand monde. Dans une école, les jeunes sont présents, et quelque part, ils sont obligés de participer. C'est un peu là-dessus qu'on joue. Mais il ne s'agit pas d'un cours magistral. On les fait participer à des exercices concrets, comme de replacer des formes dans une boîte tout en envoyant un SMS en même temps. Le but est de démontrer qu'on ne peut pas faire deux choses à la fois au volant. Un autre exercice consiste à leur lancer des balles de tennis pour évoquer la notion du temps de réaction. À 30 km/h sur un scooter, une trottinette ou autre, si un enfant traverse à 5 mètres devant vous, il vous est impossible de l'éviter ou presque. Ce sont des réalités dont les jeunes n’ont généralement pas conscience de manière concrète.»

Quels sont les différents ateliers proposés lors d'une journée dans une école ?

« Les élèves sont répartis en petits groupes de maximum quinze et passent successivement par plusieurs ateliers. Il y a une partie théorique sur la sécurité routière — les dangers, les distances de freinage, les effets de l'alcool. Un autre atelier évoque les équipements de sécurité ou le code de la route. On aborde aussi les premiers secours, comme la réanimation, la position latérale de sécurité, etc. Puis, il y a évidemment la partie pratique dans la cour de l’école, où les jeunes font leurs premiers tours de roue — sur scooter ou trottinette électrique — avec quelqu'un de chez nous qui court à côté. C'est souvent la première fois qu'ils montent sur ce type d'engin dans un cadre sécurisé. »

Comment les élèves réagissent-ils à ces journées ?

« Les retours qu’on a sont systématiquement positifs. Les jeunes disent souvent qu'ils n’avaient pas conscience des dangers, notamment par rapport à l’usage des trottinettes, et qu'ils ont appris des choses qui les ont surpris. Parfois, ce sont les enseignants eux-mêmes qui témoignent. Via des messages sur les réseaux sociaux ou autre. Certains nous disent depuis qu’on est venus, ils ont moins d'accidents aux abords de l'école. C'est comme ça qu'on mesure l'impact de nos animations. Pas avec des indicateurs abstraits comme dans certaines études de Vias (ex-IBSR, Institut belge pour la sécurité routière) mais avec du concret, du terrain. »

Quels sont les grands défis à venir en matière de prévention routière chez les jeunes ?

« Les distractions technologiques, sans aucun doute. On a beaucoup parlé du GSM au volant. Mais aujourd'hui, les voitures sont remplies d'écrans et de gadgets tout aussi distrayants… Des gadgets qui attirent l’attention et qui nous permettent de quasiment tout régler en roulant... Sans parler des trottinettes où souvent le GSM est posé au milieu du guidon… Via mes contacts, j'ai même proposé au gouvernement qu'on intègre un système qui bloquerait le téléphone en voiture dès que le contact est mis. On m'a répondu que le passager devait pouvoir téléphoner... La réponse est quelque peu logique, mais elle illustre parfaitement l'impasse dans laquelle on se trouve souvent actuellement. Par contre, ce qui ne change pas, c'est la nécessité de poursuivre la sensibilisation. Aller dans les écoles, c'est investir dans des comportements qui se formeront dans dix ou quinze ans. Les décideurs politiques cherchent des résultats immédiats. Mais la prévention, ça prend du temps. Et ça vaut chaque heure passée à l’école. »

Signalons que les actions de Fedemot ne se limitent pas aux écoles. L'ASBL intervient également auprès des communes, organisations diverses et dispose d'un terrain à Angleur. Elle y accueille des particuliers qui souhaitent s'initier à la moto ou au scooter et dispose d’un simulateur de conduite, qui est souvent déployé lors d'événements grand public comme le Beau Vélo de Ravel.

Sur la trottinette, l'ignorance (ou l'insouciance) fait plus de victimes que la vitesse

Le 12 mars dernier, les formateurs de Fedemot ont investi la cour de l'Institut Saint-Joseph de Welkenraedt pour deux jours de sensibilisation destinés aux élèves de 4e et 5e secondaires. L'animation s'inscrivait dans le cadre des journées citoyennes annuelles de l'école, dont le fil rouge était, cette année, « Mon corps, ma santé ».

Pour Aurélie Lemarchand, enseignante de français au degré supérieur et l'une des coordinatrices de l'événement, le bilan est positif. « Les élèves ont pu accéder à des ateliers théoriques et pratiques abordant l'alcoolisme au volant, la sécurité routière, l'utilisation des trottinettes électriques… On juge réellement ces journées utiles à plus d'un titre. »

Le programme alternait sessions théoriques — menées avec la zone de police du Pays de Herve, centrées sur les risques liés à l'alcool — et ateliers pratiques animés par Fedemot. Les élèves ont notamment chaussé des lunettes d'alcovision pour slalomer entre des cônes ou tenter de garer un go-kart à pédales, avant de prendre en main des trottinettes électriques, casque vissé sur la tête. « Les jeunes ont été globalement réceptifs», conclut l’enseignante. «Dailleurs, ils en ont parlé entre eux en évoquant les dangers, ce qui témoigne dune prise de conscience, et cest aussi ce qui était recherché.»

Fedemot en chiffres - 2025

  • 24 écoles visitées à travers toute la Wallonie
  • Plus de 1 500 élèves formés (théorie et pratique)
  • 8 922 heures consacrées aux formations scolaires
  • 10 communes partenaires, plus de 200 participants
  • 536 participants aux formations individuelles sur terrain
  • 45 journées de formation USAMM (personnes à mobilité réduite)

Source : Rapport d'activités Fedemot 2025

Pour plus d'informations, rendez-vous ici.

Le Veloctobus, une nouvelle « ligne » vers la piscine… à la force des jambes

Depuis le début du mois mars, les passants et automobilistes peuvent observer un nouveau type de véhicule dans les rues de Wezembeek-Oppem. Baptisé Veloctobus, ce grand cuistax permet à des élèves des écoles Notre-Dame de la Trinité et Saint-Georges de relier le centre sportif pour suivre leur cours de natation. Ce projet – en phase test actuellement – est proposé aux écoles par une ASBL formée de trois enseignants. Entrées libres a accompagné les élèves de l’école Notre-Dame de la Trinité de Wezembeek-Oppem sur leur trajet original vers la piscine.  

« Tout le monde a bien mis son casque ? On n’oublie pas le gilet fluo et de mettre les sacs dans le filet du milieu ? Ok ? Vous êtes prêts à pédaler ? C’est parti ! » 

C’est à la force de leurs jambes – et d’une assistance électrique – que six élèves de l’école Notre-Dame de la Trinité ainsi que deux de leurs enseignants ont pédalé vers le complexe sportif de Sportcity pour se rendre à leur cours de natation. Un voyage de 2,5 km depuis leur école qu’ils ont effectué à bord du Veloctobus. Un véhicule similaire à un grand cuistax avec assistance électrique et qui peut accueillir jusqu’à 8 élèves au maximum, mais où la conduite est confiée au seul conducteur. 

« La phase test a débuté le 2 mars et tout se passe très bien. On avait effectué quelques voyages sans les élèves pour s’assurer que les routes empruntées soient bonnes et qu’on puisse tenir le même timing qu’avec un bus classique. La police et la commune nous ont d’ailleurs conseillés en la matière. Dans la pratique, on voit qu’on y arrive, en étant même souvent en avance sur le bus. Ensuite, du côté des élèves, c’est simple, ils adorent. Ils s’amusent en faisant du sport, s’aèrent et commencent presque "à se battre" pour pouvoir monter à bord (rires) ! » 

Une ASBL créée par des instituteurs

À l’origine de ce projet, une ASBL du même nom, fondée par trois instituteurs primaires actifs au sein des deux écoles: Thomas Bontemps, Gilbert Desmet-Paulet et David De Myttenaere. « Notre réflexion sur le projet remonte à deux ans et demi environ. On s’est demandé si prendre un car pour faire 2-3 kilomètres vers la piscine avait encore du sens en termes d’écologie ou de valeurs qu’on veut transmettre aux enfants », expliquent les trois enseignants. « On a alors pris le temps de s’informer et de nourrir cette réflexion. Ce qui nous permis de découvrir les Woodybus de la marque française Humbird. Ces quadricycles à assistance électrique, presque entièrement en bois, sont fabriqués en France, avec un taux de réparabilité élevé (8,7/10), sont homologués pour circuler sur la voie publique et sont adaptables aux enfants. En plus, l'entreprise emploie des personnes en situation de handicap. Bref, ils cochaient toutes les cases. »

Les trois instituteurs en parlent alors avec la directrice de leurs deux écoles, Rosalie de Marnix. « Il y a eu d’emblée des personnes très enthousiastes et d’autres un peu moins au sein du PO », explique cette dernière. « Mais une fois les doutes effacés – en matière de timing ou de sécurité notamment – on a alors présenté le projet à l’ensemble des enseignants et informé les parents, dont 94% ont validé le projet. La phase test, entièrement gratuite pour nos écoles, a alors pu débuter.»

Repenser les déplacements scolaires de A à Z

Le moteur de ce projet ? L’envie portée par les trois enseignants de repenser les déplacements scolaires pour les rendre à la fois plus ludiques, écologiques et actifs. « Les jeunes sont de plus en plus sédentaires, des études comme celles menées par Sciensano en attestent, or en faisant le trajet avec le Veloctobus, c’est déjà un gain de 30 à 45 minutes par semaine, sans qu’on touche à l’organisation de l’école», poursuit le trio d’instituteurs.  « Il était aussi important pour nous de remplacer un bus classique par un moyen de transport plus doux et plus propre. Ce qui représente environ 16,69 kg de CO2 en moins par enfant et par an. Enfin, et c’est très important, ce projet nous permet par la même occasion de conscientiser les élèves et de leur montrer l’exemple. C’est d’ailleurs ce que le PO nous répète souvent : "On enseigne qui on est !" »

Enthousiastes, les élèves semblent conquis par les ­Veloctobus. « C’est super chouette, surtout que j’adore le vélo», déclarent certains d’entre eux sur le chemin vers le centre sportif. «Et puis dans le car, il fait toujours super chaud alors quici il fait trop bon. Mes parents sont ravis du projet et moi aussi j’adore ! » 

Outre l’enthousiasme et la pratique sportive, les enseignants mettent en avant que l’usage du Veloctobus permet de conscientiser les plus jeunes au code de la route, au sens de l’effort et de l’entraide ou encore aux notions de conscience citoyenne et de respect de l’environnement.

Un projet concret dès la rentrée prochaine

Entre notre visite à l’école et la publication de ce numéro d’Entrées libres, la phase test s’est transformée en un projet pérenne qui se poursuivra à la rentrée. La directrice voulait d’abord s’assurer de présenter de fond en comble le projet dans sa mouture finale aux parents — ce qui est désormais chose faite — avant d’aller plus loin.«Le PO a confirmé qu'il allait prendre dès la rentrée de septembre 2026 le service Veloctobus pour toutes les classes (M3 à P4) de la Trinité et de Saint-Georgesqui vont à la piscine le lundi après-midi », précise David De Myttenaere, l’un des trois enseignants fondateurs de l’ASBL. «Nous avons aussi eule feu vert de la commune de Wezembeek-Oppem pour des trajets le mardi après-midi, soit pour une partie des trajets des écoles communales.»

Un double accord qui a conforté l’ASBL dans la commande de neuf Veloctobus.  « On estimait qu’il faudrait ce nombre, ainsi qu’un back-up pour rendre les navettes 100% opérationnelles», poursuivent les instituteurs. « On remarque aussi quelques améliorations potentielles à réaliser. Comme le fait de rajouter une dent aux pédaliers des élèves, d’obtenir un pare-brise anti-rayures ou encore de placer un essuie-glace manuel. Le plus, c’est qu’on communique beaucoup avec Humbird et qu’on va pouvoir personnaliser nos Veloctobus. » 

Wanted : des bénévoles pour conduire les Veloctobus

Une fois le projet inscrit au ROI des deux écoles pour l’année prochaine, il faudra encore qu’une autre mission soit réalisée : celle de dénicher des bénévoles pour conduire ces Veloctobus. 

« Si l’ASBL devait payer des chauffeurs, cela représenterait un coût financier énorme», ajoute David De Myttenaere. « On a alors pensé à une solution qui pourrait être bénéfique à tous. Avec des parents, grands-parents et d'autres personnes intéressées qui se porteraient volontaires pour conduire les Veloctobus. LASBL prendrait en charge leur formation et leur assurance et puis, à partir d’un certain nombre d’heures prestées, leurs prestations généreraient de l’argent qui serait alors reversé à l’école. » 

De quoi faire baisser le prix du service. « Par rapport à des coûts classiques liés à des bus scolaires, on estime qu’on serait environ 10% moins cher. Et avec le mécanisme imaginé avec les bénévoles, cela pourrait faire baisser la note de l’école. Il ne faut pas oublier que l’achat des Veloctobus représente un investissement d’environ 200.000 euros qu’il faudra pouvoir amortir. »

Si ce projet des trajets vers la piscine est la priorité du moment, les trois instituteurs imaginent déjà des suites possibles. Avec la possibilité de mettre en place un ramassage scolaire, de collaborer avec des associations sportives et culturelles des environs, etc. Mais chaque coup de pédale après l’autre !

Une cagnotte a été lancée avec comme objectif d'atteindre les 20.000 euros, soit l'achat d'un veloctobus.

Pour plus d'informations, rendez-vous sur le site du projet.

Le Don Bosco Tour : 950 km pour retrouver les sources de l’esprit salésien

Solidarité, dépassement de soi, confiance en l'autre. Autant de valeurs  que saint Jean Bosco insufflait à ses jeunes orphelins dans le Turin du XIXe siècle. Ce sont les mêmes que soixante élèves de plusieurs écoles Don Bosco de Belgique emporteront dans leurs sacoches le 19 avril, au départ d'un périple de 950 kilomètres à vélo. Destination Castelnuovo Don Bosco, village natal du saint, au pied des collines du Piémont. Un retour aux sources, à la force des mollets.

Il avait beau avoir plu toute la matinée, ils étaient une petite dizaine d’élèves et d’accompagnants à répondre présent à l'entrainement un mercredi après-midi. Avec au programme, une sortie d'environ 80 kilomètres marquée par quelques montées d'une belle bosse locale, celle du Mont-de-l'Enclus. Une montée d'environ deux kilomètres, bien connue des cyclos comme des pros, notamment à travers l'épreuve du circuit Franco-Belge.

En tête de peloton, on retrouvait Thibaut Guelton, professeur d'éducation physique à l'Institut Don Bosco Saint-Charles de Tournai. Passionné de vélo, il a su embarquer dix-sept élèves de son école dans l'aventure – pour un total d’environ 60 élèves, toutes écoles Don Bosco confondues. Des jeunes qui s'entraînent depuis septembre dernier, par tous les temps, pour être fin prêts pour le grand départ. 

Ils se sont élancés tous ensemble, le 19 avril 2026, depuis le centre Don Bosco Farnières à Grand-Halleux (Vielsalm), dans les Ardennes. L'arrivée, elle, se situe à quelques 950 kilomètres de là, du côté de Turin, après avoir serpenté à travers le Luxembourg, l’Allemagne, l'Alsace, la Suisse et le nord de l'Italie. Dix étapes longues de 25 à 130 kilomètres qu’il faudra pouvoir endurer pour rallier Castelnuovo Don Bosco, village natal de Giovanni Melchiorre Bosco, le nom originel de saint Jean Bosco.

Un itinéraire qui a été soigneusement pensé et reconnu. « On emprunte l'Eurovélo 5 jusqu’à Lucerne en Suisse », précise Thibaut Guelton. « Ensuite, comme les routes secondaires des Alpes sont encore partiellement enneigées en avril, et que monter à 2 000 mètres d’altitude avec un équipement pas forcément adapté et beaucoup de fatigue n’est pas la meilleure idée qui soit, on s’est dit que ce serait plus prudent de prendre une navette pour rejoindre Milan, de l’autre côté des montagnes. » Une fois en Italie, les élèves reprendront leur vélo en direction de Turin.

Plus qu’une aventure, ce projet représente un véritable défi sportif et humain. Les sept premières étapes avoisinent toutes les 100 km, avec des cols présents dès les premiers jours. Côté logistique, une véritable intendance encadrera élèves et professeurs. Avec une camionnette qui contiendra des vélos de remplacement (en partenariat avec Décathlon Mons), une autre chargée des bagages et des ravitaillements ainsi qu’une voiture d'intendance qui gèrera les repas du soir et les petits-déjeuners. Les nuits, elles, se passent dans des salles et des écoles du réseau salésien situées tout au long du parcours : une façon de rappeler que le réseau Don Bosco s'étend bien au-delà des frontières belges.

Une histoire qui roule depuis 2017

Ce Don Bosco Tour ne sort pas de nulle part. Créé en 2017 à l'initiative de Don Bosco Liège et Don Bosco Huy, il a d'abord pris la forme d'un tour en trois étapes reliant plusieurs écoles du réseau. En 2024, une nouvelle page s'est écrite avec le projet de relier Bruxelles à Paris, alors en pleine effervescence olympique. Pour l’occasion, les élèves des ateliers mécaniques, imprimerie et électricité avaient même fabriqué une flamme « Don Bosc'Olympique » qu’ils ont emmenée avec eux jusqu'à la capitale française. L'édition 2026 – le 5e Don Bosco Tour - représente une évolution plus ambitieuse encore, qui prend la forme d’un véritable retour aux sources de la pédagogie salésienne.

Turin n’a pas été choisie au hasard. Elle représente bien plus qu’une simple destination. C'est l'essence même de ce que représente une école Don Bosco. « Saint Jean Bosco était un prêtre qui a pris en main des orphelins, qui les a éduqués par l'apprentissage des métiers manuels et leur a redonné du sens », raconte Thibaut Guelton. « Ce projet, il s’inscrit à fond dans cet esprit salésien marqué par des valeurs comme la solidarité, l’entraide ou encore la confiance en l’autre. » 

Pour financer l'aventure, les élèves ont d’ailleurs mis la main à la pâte. Avec des ventes de lasagnes, des feuilles de parrainage au kilomètre ou encore une soirée de présentation publique. Autant d'initiatives qui traduisent concrètement ces valeurs.

Il constitue aussi une belle occasion de redorer le blason des filières techniques. « Ce n’est pas l’objectif premier parce que de notre côté, on sait ce dont sont capables nos élèves. Mais si ça aide à changer le regard des personnes extérieures, ce sera évidemment déjà ça de pris car un tel projet demande de l'engagement, de la motivation et l’envie de se dépasser, même par temps de pluie. »

Un groupe soudé, prêt à se dépasser

Une approche que les élèves semblent avoir bien intégrée. Comme l’explique Clément Cardon, 17 ans, en 5e TTR électromécanique, qui ne pratiquait pas le vélo avant de prendre part au projet. « Mon truc à la base, ce sont les sports de combat. Ce projet, c'est donc un sacré défi personnel. Mais un défi qu’on va réaliser avec les copains, qui va nous permettre de voyager dans une bonne ambiance. Et puis la pratique du vélo m’a permis de me dépasser, d’apprendre à ne jamais s'arrêter. Et ça, ça me plaît beaucoup. »  

Une seule chose l’inquiète un peu : non pas l’école cette fois-ci, mais les cols qu’ils vont trouver sur la route.  « En montée, je suis assez mauvais. Je roule avec beaucoup de puissance ce qui fait que je me fatigue plus vite. Mais je sais qu’il y aura de l’entraide. Que si quelqu'un est fatigué, ceux qui sont encore frais vont redescendre pour aider. On forme un bon groupe soudé. »

Axel Renard, en 4e TTR électromécanique, pratique le vélo depuis un moment, à raison d’une sortie par semaine au minimum. Un entrainement régulier qui lui permet d’aborder ce défi avec sérénité. « On se prépare, on s’entraîne, donc normalement ça devrait aller. Je pense que, de temps en temps, on va quand même galérer, mais on y arrivera. Ce que j’aime aussi dans ce projet c’est qu’on va montrer que dans notre école, on n’a pas que des gens qui font des trucs manuels et qu’on est capables de se fixer des objectifs ambitieux et de s’y tenir. »

Retour aux origines de l’esprit salésien

Louis Seneca, en 5e LME (mécanique et électricité), vient lui du VTT. La route, le peloton, ou encore rouler roue dans roue, tout ça, c’est nouveau pour lui. « En VTT, on est moins rapide qu'en vélo de route. Ici, il faut apprendre à se rapprocher, à faire attention sur la route et à signaler les dangers. C'est la première fois que je fais des sorties comme ça. Mais j'aime beaucoup l'aventure, découvrir, m'amuser, rouler et faire de la distance. Et puis la relation avec les profs change un peu aussi. On sait plus facilement rigoler dehors que dans l'école.»

Le 19 avril, ils ont donc pris la route vers le sud. Avec, au bout, Turin et une expérience que Thibaut Guelton résume avec ces quelques mots : « Le Don Bosco Tour, c’est vraiment se réunir au sein de l'école mais aussi avec d'autres écoles. Ce projet fait la part belle à la solidarité, à l'entraide, au dépassement de soi. C’est difficile de le résumer en quelques mots. Mais c'est sans doute un truc qu'on va faire une seule fois dans notre vie.»

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