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Après 38 ans en classe, elles retournent à l’école
pour apprendre les gestes des premiers secours

Par Gérald Vanbellingen
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Geneviève a passé 38 ans à enseigner, Carine aussi et elle a même dirigé une école pendant presque 20 ans. Aujourd'hui retraitées, toutes deux ont rejoint la Croix-Rouge Jeunesse pour retourner dans les classes. Non plus comme enseignantes, mais comme formatrices aux premiers secours. Elles proposent, avec leurs collègues bénévoles, toute une gamme d'animations conçues par la Croix-Rouge de Belgique pour apprendre aux enfants, dès 4 ans, les bons réflexes face aux accidents du quotidien. 

Un enfant qui saigne du nez, un autre qui se brûle, une chute dans la cour de récré ou les escaliers… Ces situations, Geneviève Dubuisson les connaît par cœur. Institutrice pendant 38 ans à l'école Abbé Noël d'Eghezée, elle a vu défiler des générations d'élèves — et leurs accidents. Aujourd'hui retraitée, elle n'a pas pour autant tourné le dos à l’école, ni aux élèves. Bénévole à la Croix-Rouge Jeunesse depuis peu, elle retourne désormais dans les classes pour animer des formations liées aux premiers secours. 

« Des accidents dans la cour de récré ou à l'école en général ça arrive malheureusement souvent, et c’est inévitable », explique cette dernière. « Avec les plus jeunes, on ne parle pas encore de leur inculquer le geste qui sauve, mais plutôt de les former à adopter les bons réflexes en fonction de la situation. Comme appeler le 112, trouver rapidement de l'aide, savoir vers qui se tourner ou encore soigner des petites blessures. Une "matière" qui à mon sens aurait tout à fait sa place dans les programmes. »

Un avis que partage Carine Grandjean, ancienne enseignante et directrice d’école à Plancenoit (Lasne). Après 38 ans de carrière, dont 18 en tant que directrice, elle a rejoint la ­Croix-Rouge Jeunesse en octobre 2025 en tant que responsable de la section de la Mehaigne, basée à Eghezée. Elle anime aujourd'hui plusieurs modules comme Ma sécurité à la maison, Mission Zéro Bobo, Benja-secouriste et Que faire si ?. Autant d’animations proposées aux écoles et adaptées à des tranches d’âge différentes. 

L'école, terrain naturel de la prévention

Pour le plus jeune public — les 4 à 6 ans — l’animation Ma sécurité à la maison se présente sous la forme de cinq grands panneaux qui représentent les pièces d'une habitation. «Cuisine, salle de bain, jardin, etc chaque espace recèle ses propres dangers», complète Maïlis Cappeliez, coordinatrice jeunesse à Namur pour la Croix-Rouge. « L'objectif n'est évidemment pas d'effrayer les enfants sur les dangers possibles, mais de les aider à les identifier, à les anticiper et/ou à réagir de façon adaptée. »

Pour les élèves de P2 à la P4 (6-10 ans), Mission Zéro Bobo prend le relais sous la forme d’un jeu coopératif. Les enfants explorent une maison virtuelle et accomplissent un certain nombre de missions, comme appeler le 112, laver correctement une plaie, réagir face à un saignement de nez ou une brûlure légère. 

« On mise sur la collaboration entre élèves », précise Carine Grandjean. « Souvent, ils s’entraident et se montrent l’un à l’autre comment réagir ou réaliser tel geste. Ça crée un petit effet boule de neige, avec des élèves qui s'improvisent formateurs auprès de leurs camarades. C’est signe que l’animation fonctionne et qu’ils pourraient le refaire à la maison ou dans d’autres circonstances.»

À noter que pour les classes qui manqueraient de temps ou de budget pour suivre cette animation, il existe une version condensée intitulée Que faire si?. Celle-ci est prévue pour durer deux fois 50 minutes et peut être entièrement gratuite si l’animation est prise en charge par l'enseignant.

Un atout pédagogique rare : connaître l'école de l'intérieur

Ce qui distingue des bénévoles comme Geneviève ou Carine, c'est précisément leur expérience respective en milieu scolaire. « On a bien sûr été formées car il est important de souligner qu’on ne peut pas s'improviser formatrice », précise Carine Grandjean. « Mais la pédagogie, on la connaît, la facilité avec les enfants ou les enseignants aussi.»

Geneviève Dubuisson souligne aussi que son engagement bénévole répond à un besoin personnel, celui de garder le lien avec les élèves. « Pas spécifiquement auprès de mon ancienne école, même si j'y retourne avec grand plaisir, mais je voulais continuer d’avoir un pied à l’école. Ce que me permettent de faire ces animations pour la Croix-Rouge.» Pour prendre part à cette aventure, elle a d'ailleurs passé son brevet de secouriste et son BEPS (Brevet européen des premiers secours).

Des profils comme ceux de Geneviève ou Carine qui maîtrisent à la fois les gestes de premiers secours ainsi qu’une expérience pédagogique, la Croix-Rouge en raffole, évidemment. Des bénévoles qui se révèlent en outre être plus qu’utiles pour faire face à la demande croissante des écoles et à l'élargissement du catalogue de formations. 

Des formations ou un accompagnement pour toutes les écoles

La Croix-Rouge veille à proposer des outils adaptés à des réalités scolaires très diverses. Certaines animations sont gratuites, comme Que faire si ? ou l'animation KiDon'Kwa, un jeu coopératif autour du don de sang destiné aux 8-14 ans. 

Les autres sont proposées à des tarifs raisonnables. Soit 6 euros par enfant pour Mission Zéro Bobo ou 10 euros pour Benja-secouriste. Sans oublier que des tarifs « de groupe » sont possibles.

Enfin, signalons encore qu’au-delà de ces animations prêtes à être réalisées, la Croix-Rouge propose également un accompagnement pour lancer et/ou vous accompagner dans la mise en place de projets. Comme via des ateliers de sensibilisation sur le don de vêtements, le sans-abrisme ou les parcours de migration. Des thématiques qui s'inscrivent pleinement dans les missions d'éducation à la citoyenneté que portent les écoles.

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