Aller au contenu principal

Au-delà des performances,
PISA miroir de notre mission

Par Anne Fachinat
Hors série
vendredi 30 octobre 2026

Tous les trois ans, le rituel est bien connu : à la sortie des résultats PISA, on compare les scores, on mesure les performances, on en fait des discours politiques ou des posts incisifs sur les réseaux sociaux. N’y a-t-il pas pourtant un côté un peu réducteur à se concentrer sur l’analyse des résultats en mathématiques, sciences et lecture ? A fortiori quand on se rappelle que la mission de nos écoles ne se limite pas aux savoirs fondamentaux et aux compétences, mais qu’elle consiste aussi, en partenariat avec les familles, à offrir à chaque élève un environnement relationnel favorable à son épanouissement.

Or, on le sait moins, mais PISA fournit aussi des indicateurs sur les dimensions cognitive, émotionnelle et sociale de l’apprentissage. Le programme interroge ainsi le sentiment d’appartenance des élèves à leur école, la manière dont ils perçoivent le soutien de leurs enseignant et de leurs parents, le sens qu’ils donnent à l’école ou encore le climat de discipline en classe. Combinés aux données sur l’équité scolaire, ces paramètres offrent un miroir bien plus complexe de l’école que celui généralement relayé par les médias.

Et, vus sous cet angle, les résultats en Belgique francophone ont quelques raisons de nous réjouir. En effet, si l’iniquité de notre système éducatif reste au-dessus de la moyenne européenne, elle s’est considérablement réduite, et surtout, cette évolution est principalement liée aux progrès des élèves les plus vulnérables. L’écart entre élèves natifs et élèves issus de l’immigration a été réduit de moitié, les écarts liés à l’origine sociale ont diminué d’environ un quart. Dans le contexte belge francophone où une proportion importante d’enfants est confrontée à des conditions socio-économiques défavorables et pour des écoles qui placent au cœur de leur projet l'accueil de chacun et l'attention portée aux plus fragiles, c’est une vraie bonne nouvelle !

Il est aussi encourageant de constater que nos élèves se sentent bien dans leur école et y développent un fort sentiment d’appartenance. Ainsi, 85% des élèves déclarent : “les autres élèves ont l’air de m’apprécier” contre 83.1% en moyenne. Un tel résultat résonne avec notre mission de faire de l’école une véritable communauté de vie, où chacun trouve sa place dans un climat de confiance, d’accueil et de respect.

Mais ce miroir invite aussi à regarder ce qui reste à améliorer. 21 % des élèves se disent mal à l’aise ou pas à leur place à l’école, et 14 % s’y sentent seuls ou comme des étrangers. Et on ne peut imaginer que ceux-là restent dans l’angle mort de nos projets.

La question de l’intérêt des parents envers l’école est également interpellante. Notre enseignement considère les familles comme des partenaires incontournables, et pourtant moins de la moitié des élèves disent que leurs parents discutent régulièrement avec eux de leurs résultats (48 % contre 60 % en moyenne OCDE), des problèmes rencontrés à l’école (30 % contre 47 %), ou de leurs futures études (40 % contre 52 %). Des chiffres qui interrogent la manière dont ce partenariat se vit au quotidien.

Ainsi, plus que des scores, PISA agit comme un miroir de nos missions. Sur le chemin vers demain, il nous rappelle les progrès accomplis, mais aussi le chemin qu’il nous reste à parcourir ensemble.

Partager cet article

D'autres articles
pourraient vous intéresser

Ce contenu ne peut être affiché car vous n’avez pas accepté
les cookies optionnels liés à celui-ci.

Les informations affichées font appel à des contenus venant de sites tiers (Spotify et Youtube) qui disposent de leur propre politique de confidentialité. Lors du choix de vos préférences en matière de vie privée, vous avez émis le souhait de ne pas accepter les cookies optionnels.