N’hésitez pas à contacter les ASBL :
Jean-François Lauwens : jf.lauwens@entraide.be
Clara Gobbe : clara.gobbe@justicepaix.be
À plus de 7 000 kilomètres de chez nous, une institution scolaire située en République démocratique du Congo lutte face aux explosions des mines de cuivre et de cobalt qui l'entourent. Murs fissurés, salles de classe inutilisables, climat d'insécurité, au Lycée Lubusha, l'exploitation minière menace directement un patrimoine unique mais aussi et surtout le droit à l'éducation. Face aux intérêts économiques, des habitants, des responsables religieux, d'anciennes élèves et des associations refusent pourtant de céder. Les ASBL
Justice & Paix et Entraide et Fraternité proposent aux écoles belges de montrer leur soutien face à cette situation surréaliste…
Imaginez que demain, à Liège, à Namur ou à Bruxelles, l'existence même de votre école soit mise à mal par la réouverture d'une mine, au point de fissurer les murs ou de rendre les lieux dangereux. Si la situation peut sembler surréaliste, c'est pourtant le quotidien des élèves du Lycée Lubusha, situé à Luisha, à environ 80 km de Lubumbashi, en République démocratique du Congo.
Fondée au début des années 1950 par le couple belgo-français Jules Cousin et Marguerite Blaise, cette école bâtie en pierre de malachite et confiée à l'Ordre de Sainte-Ursule est devenue une institution d'excellence du Haut-Katanga. Léguée à l’Église catholique, elle accueille aujourd'hui 400 élèves pour une capacité totale de 800 lits.
Depuis 2019, deux sociétés minières chinoises – COMILU et EXCELLEN MINERALS – mettent à mal son existence. Elles exploitent le cuivre et le cobalt à proximité directe de l'école… et même juste en dessous, en violation du Code minier congolais et du droit à l'éducation. « Les tirs à la dynamite fissurent les murs, rendant des salles de classe inutilisables. Et lors de notre visite, je me souviens d'une détonation énorme où toutes les jeunes filles sont parties se cacher sous leurs pupitres », témoigne Clara Gobbe, du pôle Plaidoyer de Justice & Paix.
Un accord a certes limité les dynamitages aux heures hors scolaires, mais le climat reste délétère : « Entre le bruit, les murs fissurés, la poussière, l'air parfois irrespirable et des agents de sécurité retrouvés sur le site, le cadre est devenu largement incompatible avec l'apprentissage », ajoute Jean-François Lauwens, responsable du plaidoyer chez Entraide et Fraternité.
Lubusha ne déménagera pas et n'est pas à vendre !
Le ministère des Mines a théoriquement suspendu les activités des deux sociétés en 2022, mais rien n'a changé sur le terrain. Les sociétés ont même proposé de délocaliser l'école pour exploiter les minerais situés en dessous – une proposition jugée inacceptable. L'archevêque de Lubumbashi, Mgr Fulgence Muteba, épaulé par les habitants, le comité de parents, des anciennes élèves et des partenaires locaux, mène la résistance. Il a refusé toute délocalisation et repoussé toutes les offres financières. « Il serait tout simplement impossible de reproduire ce patrimoine, symbole fort d'éducation et d'émancipation dans le Haut-Katanga. »
Comment agir ?
Pour les deux ASBL, il ne s'agit pas seulement de témoigner d'une injustice lointaine, il s'agit de la faire résonner. En proposant aux écoles belges de se mobiliser, les deux organisations veulent transformer la solidarité en un levier concret pour les communautés du Haut-Katanga. « Le fait qu'on en parle en Belgique serait un moteur énorme pour les communautés locales », ajoute Jean-François Lauwens.
Pour les élèves belges, ce serait aussi l'occasion de s'immerger dans une réalité méconnue. Par exemple, le cuivre et le cobalt sont essentiels au fonctionnement de nos smartphones et ordinateurs. Les deux ASBL proposent dès lors aux écoles qui le souhaitent des formations et des séances de sensibilisation. Enfin, signalons encore que Justice & Paix prépare une exposition photo sur les mines du Katanga, dont une partie sera consacrée au Lycée Lubusha.
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