Et si l’évaluation n’était plus un moment redouté, mais une occasion de célébrer ses progrès, de mettre des mots sur ses apprentissages et de construire des ponts avec sa famille ? C’est le pari que relève la Cellule de développement pédagogique (CDP) du SeGEC avec un outil discret, mais ambitieux, déposé sur la Salle des profs : le carnet de mes apprentissages.
Depuis plusieurs années, Vinciane Baesens, membre de la CDP, travaille à partir d’un constat porté par la recherche : pour qu’un élève apprenne véritablement, il doit être impliqué dans son évaluation. « La recherche montre que c’est plus important d’impliquer l’élève pour le motiver à apprendre, qu’il sache ce qu’il apprend, pourquoi il l’apprend, qu’il soit conscient de ses progrès et de ses difficultés, et comment les dépasser. »
Néanmoins, l’évaluation reste encore largement perçue, dans notre culture scolaire, comme un instrument de sélection ou de notation, source de stress pour les élèves et leurs familles. Sortir de cette logique suppose d’outiller concrètement les enseignants. C’est précisément la mission que s’est donnée la CDP, en s’appuyant sur des pratiques de terrain observées, filmées, formalisées et testées, avant d’être diffusées.
Un outil pour l’élève, les parents et l’enseignant
Disponible en téléchargement sur la Salle des profs depuis octobre dernier, le carnet de mes apprentissages est un outil destiné aux élèves de la P1 à la P6. Il se présente sous deux formats complémentaires : un document PDF imprimable et une version Word modifiable, pour que l’enseignant puisse l’ajuster à son contexte, à sa classe, à ses élèves.
Le carnet invite chaque enfant à revisiter ses apprentissages à intervalles réguliers : qu’a-t-on appris ? Qu’est-ce que je retiens ? Quelle fierté j'en retire ? Quel défi je me fixe ? Le carnet est pensé pour accueillir des écrits, mais aussi des dessins, des photos… autant de preuves concrètes de progression qui donnent corps aux apprentissages.
L’outil ne se limite pas à l’élève. Il prévoit également une trace écrite laissée par l’enseignant et une place réservée aux parents lors des rencontres. L'idée, c'est que l'élève présente lui-même son carnet à sa famille, avec l’enseignant en soutien pour poser les bonnes questions. Cette approche porte une visée inclusive : un enfant allophone peut expliquer ses apprentissages dans sa propre langue, devenant ainsi le médiateur entre l’école et sa famille.
L’outil est accompagné d’un guide d’utilisation ainsi que d'un exemple complété.
Bientôt en maternelle aussi
En parallèle, la CDP finalise un outil similaire pensé pour les élèves de maternelle : l’arbre de mes progrès. Inspiré de la pratique d’une enseignante de terrain, il repose sur des étiquettes illustrées par des pictogrammes, représentant chacune un apprentissage enseigné. Au fil de la période, l’enfant « plante » ses acquisitions dans un arbre : les pommes au sol symbolisent ce qui est encore en chemin ; celles dans l’arbre, ce qui est maîtrisé. Sa mise en ligne est prévue avant la fin de l’année scolaire.
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