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Hall 7 : et si demain, les IA
entraient en compétition ?

Par Arnaud Michel
Livres

Les intelligences artificielles font désormais partie de notre quotidien. Alliées pour les uns, dangers pour les autres, les débats autour de leur utilisation sont nombreux. Mais que se passerait-il si elles entraient en compétition entre elles, outrepassant la vigilance de l’Homme ? C’est cette question qu’aborde Olivier Guisset dans son premier roman. Hall 7 entraîne le lecteur dans une enquête policière haletante sur fond de questionnement autour des IA et des dangers qu’elles pourraient représenter hors de toute régulation humaine.

Dans Hall 7, Abel, informaticien belge, se retrouve embarqué malgré lui dans l’enquête lancée suite à l’accident de voiture de son ancien patron, Paul, et la disparition de la femme de celui-ci, Nadia. Léa Conti est chargée de mener l’enquête sur ces deux dirigeants du laboratoire «Research department on recursive cognition» de Montréal.

Olivier, vous êtes consultant en informatique de métier. Comment en êtes-vous arrivé à écrire un roman?

« J’ai toujours aimé écrire mais je n’avais jamais écrit de textes, encore moins de romans. J’ai réalisé des études scientifiques mais écrire a toujours été quelque chose qui m’amusait. Écrire un roman a toujours été sur ma liste de souhaits, quelque chose que j’avais en tête. J’ai débuté Hall 7 en 2023. À cette époque, j’étais souvent aux Pays-Bas pour mon travail, quatre soirs par semaine à l’hôtel, seul. Je me suis dit que j’étais dans les conditions idéales. »

C’est votre métier qui a dicté le choix du sujet?

« Oui c’est clair. Cependant, je pense que ces questionnements autour des IA, tout le monde devrait les avoir. Des gens se demandent encore si les IA vont réellement exister. Cette question-là ne se pose même plus. Dans l’intelligence artificielle, il y a beaucoup de questions que je me pose. Je trouve qu’il est intéressant de se les poser. En tout cas, ça nourrit le roman. »

L’objectif du roman est que le lecteur s’interroge sur l’avenir des IA?

« Mon premier objectif est que les lecteurs passent un bon moment de lecture. Mais, en effet, il y a deux niveaux de lecture. D’une part, il y a l’enquête policière qu’on peut lire comme telle. D’autre part, il y a ce questionnement sur la propriété intellectuelle, un débat qui va être tranché notamment via l’IA Act mais aussi d’autres réflexions concernant, par exemple, la prise de décision. On prend souvent l’exemple de la voiture électrique autonome. Si elle a le choix entre renverser une poussette ou envoyer le conducteur dans un arbre pour éviter cette collision, que va-t-elle faire ? Et surtout qui sera responsable de la décision qu’elle va prendre ? Actuellement, il n’y a aucune réponse. On peut même aller plus loin. Demain, il y aura peut-être des robots équipés d’armes létales. Est-ce que quelqu’un sera responsable des décisions que ces machines prendront ? Personnellement, ça me tracasse. Des questions se posent également dans le secteur de l’éducation et de l’enseignement. »

Vous pouvez développer?

« Demain, comment vont faire les enseignants pour motiver les jeunes à apprendre une langue, par exemple ? Apprendre une langue, ça développe l’esprit via une autre grammaire, un autre ordonnancement des mots, des prononciations différentes,… Je ne suis pas contre du tout l’utilisation des IA, évidemment. J’en utilise, notamment des correcteurs grammaticaux ou d’orthographe. Néanmoins, il faut s’interroger. Même chose pour l’écriture. C’est un acte hyper complexe. Vous devez en même temps penser à la phrase, au geste d’écrire, à la correction en direct,… Si demain, on dit aux enfants qu’il ne faut plus écrire, physiologiquement, le cerveau sera moins développé. Ça me tracasse. »

Pour en revenir au roman, très vite, un sujet arrive sur la table: celui de la compétition entre IA.

« C’est une dimension qui vient du monde la voile. Il y a les régates où c’est le plus rapide qui gagne. Il existe aussi le match, un autre type de course dans laquelle tu as le droit d’embêter l’autre. C’est un peu ce comportement entre les deux ordinateurs que je décris dans le roman. Pour gagner une compétition, on peut embêter l’autre via des actions que nous pourrions qualifier de malveillantes. Or ce n’est pas le cas puisqu’elles font ce qu’on leur demande. »

Au risque de mettre l’humain hors jeu?

« Oui, éventuellement. Il va être compliqué de donner une échelle de valeurs aux machines. Je prends un exemple un peu forcé. Si un jour, une machine doit décider, en cas de pénurie d’électricité, soit de couper l’alimentation d’un hôpital, soit celle d’un data center. Que va-t-elle choisir ? A priori, de conserver l’alimentation du data center, sinon c’est elle qui s’éteint. »

Au fond, votre roman est un plaidoyer pour une gouvernance renforcée de l’IA?

« Un plaidoyer, je n’ai pas cette prétention. Disons plutôt une source de réflexion. Les IA sont là, il faut les maitriser et pour cela, bien les comprendre. »

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Olivier Guisset
Olivier Guisset
Consultant IT au SeGEC, Olivier Guisset signe son premier roman Hall 7

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