La rentrée scolaire du mois d’août prochain marquera un tournant pour l’enseignement secondaire. En effet, le tronc commun entre en vigueur dans ce niveau d’enseignement. Entre incertitudes et contexte budgétaire délicat, la Direction de l’enseignement du secondaire du SeGEC, sous la houlette de sa Cellule de soutien et d’accompagnement (CSA), poursuit son travail afin de préparer la communauté éducative à cet important changement. De janvier à mai, les ateliers du tronc commun réuniront près de 10.000 enseignants et éducateurs. Objectifs : soutenir, accompagner et former.
L’arrivée du tronc commun dans le secondaire se prépare depuis trois ans, d’abord dans les bureaux de la Direction de l’enseignement secondaire du SeGEC, ensuite sur le terrain. Durant le premier semestre 2025, plus de 7000 enseignants avaient pris part à une première série d’ateliers du tronc commun. « Il s’agissait d’informations sur le tronc commun et ses ressorts pédagogiques fondamentaux que sont l’approche évolutive et les visées transversales », rappelle Pierre Scieur, coordonnateur de la CSA. « Le focus concernait également les accents essentiels des programmes qui étaient alors en construction. »
Depuis lors, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Tout d’abord, les nouveaux programmes ont été validés par la commission idoine et signés par la ministre Glatigny, entre mars et septembre 2025, exception faite de celui de FMTTN, compte tenu des évolutions voulues par le gouvernement, pas encore connues et détaillées à l’heure d’écrire ces lignes. Ensuite, et surtout, la ministre Glatigny a, entre temps, exposé sa vision du tronc commun et les modifications qu’elle désirait y apporter, sur lesquelles le SeGEC s’est plusieurs fois exprimé. Néanmoins, de trop nombreux éléments demeurent flous et mettent en grande difficulté les directions dans la préparation de la prochaine année scolaire. « De nombreuses directions témoignent du fait que les incertitudes actuelles rendent inorganisables la rentrée. Beaucoup mettent un point d’honneur à ce que les professeurs connaissent leur affectation avant les vacances. À ce stade, ce n’est pas possible », explique Pierre Scieur. « En outre, la réforme du tronc commun se heurte avec les mesures d’économies dans le secondaire supérieur. »
Le tronc commun apporte une dynamique d’observation collective de l’élève.
Le terrain répond présent
Malgré ce contexte morose pour le secteur, Pierre Scieur tire un bilan positif des premiers ateliers du tronc commun de cette année 2026. « Il y a certes une sorte de fatalisme et parfois une ambiance lourde. C’est compréhensible quand on assiste à la remise en question d’une réforme moins d’un an avant sa mise en application. Cependant beaucoup d’énergie et de bonne volonté émanent du terrain. Je suis franchement admiratif des enseignants et des directions. »
Les chiffres parlent d’ailleurs d’eux-mêmes. « 3000 personnes de plus que l’an passé sont inscrites aux ateliers du tronc commun et 100% des écoles du réseau concernées par le tronc commun sont représentées ; soit environ 250 établissements. Pour mettre ces moments en musique, 60 conseillers de la CSA sont mobilisés », se réjouit le coordonnateur de la CSA.
Le cadre étant posé, Entrées libres vous propose un focus sur les coulisses des ateliers de tronc commun « version 2026 ». « Le but des ateliers sont, cette année, de faire réagir les enseignants sur les programmes qui ont été validés, de connaître leurs préoccupations. On accompagne les équipes dans la prise en main de ces programmes pour le travail préparatoire en équipe. La grande spécificité du tronc commun est que tous les membres des équipes sont sur le même pied. Son ambition est d’actualiser et moderniser tous les cours. Il y a des nouveaux référentiels et de nouveaux programmes pour tout le monde », détaille Pierre Scieur.
Tout cela avec la volonté d’être le plus concret possible. « Les programmes sont assortis d’outils directement utilisables par les enseignants, comme des fiches-outils et des propositions de situations d’apprentissage très détaillées. On les aide également à organiser la matière tout au long de l’année. Cela donne beaucoup d’interactions entre enseignants, et aussi entre enseignants et conseillers au soutien et à l’accompagnement. Ça grouille de partout. »
Une grande nouveauté des ateliers de cette année : la présence d’éducateurs. « Le tronc commun apporte une dynamique d’observation collective de l’élève dans une vision de faire équipe. Tous les adultes croisent leur regard collectivement sur les besoins et difficultés de l’élève. Il y a également une place aux partenariats avec les centres PMS et les pôles territoriaux, sans oublier les parents. Tout cela pour construire les meilleures solutions pour l’élève. »
De ces échanges, naissent tantôt des inquiétudes, tantôt des défis, tantôt encore des partages. « Au rayon des inquiétudes, il y en a au sujet des élèves qui arriveront en secondaire sans CEB. Les enseignants sont conscients que c’est un fameux challenge. Au niveau des pratiques, on voit que beaucoup d’écoles se préparent au coenseignement. Le sujet est délicat mais les retours sont positifs. »
Si 10.000 enseignants et éducateurs participeront aux ateliers du tronc commun, les initiatives de la CSA et de ses conseillers ne s’arrêtent pas là. « Des webinaires sont organisés par discipline. Les enseignants peuvent y poser leurs questions et des aspects précis sont abordés. Par exemple, en mathématiques, le passage du chiffre à la lettre en secondaire », conclut Pierre Scieur.
Le réseau libre catholique, du SeGEC jusqu’aux équipes sur le terrain, est donc bel et bien en ordre de marche pour l’arrivée du tronc commun en secondaire – autant que faire se peut en regard du contexte.
Envie de rentrer dans les coulisses des ateliers du tronc commun « version 2025 » ? Rendez-vous sur la chaîne Youtube du SeGEC !
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