Arrivée au SeGEC il y a un peu plus de deux ans, Noémie Lambert occupe un poste encore rare dans le secteur de l'enseignement : « data scientist ». Sa mission ? Transformer des montagnes de données en outils d'aide à la décision pour les directeurs d'école et les responsables politiques.
Le parcours de Noémie Lambert n'était pas tracé d'avance. Après un master en sciences mathématiques à l'Université de Namur, elle enseigne pendant un an les mathématiques dans une école de Schaerbeek. Une expérience formatrice mais qui la laisse sur sa faim. « Je trouvais dommage de ne pas exploiter tout ce que j'avais appris en data science pendant mes études. »
En juin 2023, une recherche d’emploi la mène au SeGEC. « Je suis tombée sur l'offre d'emploi par hasard. Quand j'ai lu qu'il s'agissait de données liées à l'enseignement, je me suis dit que c'était une belle suite après mon année de prof. »
Éclairer les décisions
Son quotidien ne ressemble à aucun autre. Pour elle, il s’agit de transformer des bases de données complexes en rapports visuels, interactifs et dynamiques. Du rapport sur le taux de diplomation dans l’enseignement pour adultes à l’analyse des résultats aux épreuves du CEB, en passant par la cartographie des PO et les statistiques de la Centrale de marchés : les projets sont variés.
« Le but, c'est de permettre aux personnes de prendre des décisions éclairées », explique-t-elle. Les données qu'elle traite servent autant aux directeurs d'école qu'aux responsables politiques. « Je trouve ça chouette : d'un côté, on aide les gens sur le terrain, de l'autre, on aide à la gestion politique. Hier encore, l'enseignement pour adultes avait besoin de chiffres en urgence pour une réunion avec le cabinet Glatigny. »
Une utilité concrète
Si la construction des rapports se fait en solitaire, Noémie participe régulièrement à des comités de réflexion pour déterminer quels indicateurs seront les plus utiles. Avec Caroline Devreux, économiste au Service d'études, les échanges sont fréquents.
Face à l'explosion des demandes, Paul Rivière, consultant au service IT, l'épaule désormais dans la production de rapports. « Chaque service a besoin de chiffres, ça devient vite compliqué à gérer seule. » La charge de travail suit le rythme de l'année scolaire : calme en juillet-août, intense avant les congés.
Entre solitude et collaboration
Malgré cette charge, Noémie reste motivée grâce à la finalité de son travail. « Dans une banque, je ferais des simulations pour augmenter les bénéfices. Ici, je rends service aux gens. Ce n'est pas du tout la même pression que dans une boîte de consultance où on te presse comme un citron juste pour faire du chiffre. »
Quant à l’avenir, elle le voit formateur. Selon elle, d’ici cinq à dix ans, « beaucoup de collègues seront capables de faire ce type d'analyses eux-mêmes. Ces outils commencent tout juste à se démocratiser dans les entreprises. »
En attendant, derrière chaque statistique qui éclaire une décision au SeGEC, il y a les calculs minutieux de Noémie Lambert.
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