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  3. Numéro 205

L'histoire de la PECA'ravane  :
quand la culture prend la route et rassemble

Par Gérald Vanbellingen
Cas d'école

Derrière les couleurs éclatantes de la PECA'ravane se cache bien plus qu'un projet artistique. Graffée par des élèves de sept écoles d'Ath, ­Enghien, Péruwelz, Leuze-en-Hainaut et ­Lessines, cette caravane customisée est le fruit d'une aventure humaine exceptionnelle. Une histoire de persévérance, de collaboration et de créativité où enseignants, directions et jeunes ont su dépasser les obstacles pour créer ensemble une œuvre mobile et vivante, vitrine itinérante de leurs talents et de leurs réalisations artistiques. 

Ça y est, elle a réalisé ses premiers tours de roue officiels au sein du Collège Saint-Augustin d’Enghien. Enfin, les premiers tours de sa seconde vie. Elle, c’est la PECA’ravane. Un nom simple et génial à la fois pour désigner cette caravane itinérante et haute en couleurs graffée par des élèves issus de sept écoles (voir la liste ci-contre). Une œuvre d’art peu commune pour un projet tout aussi hors du commun mené comme son nom l’indique dans le cadre du PECA (Parcours d'éducation culturelle et artistique).  

«L’idée de cette PECA’ravane, elle a commencé à germer il y a deux ans», explique Olivier Planckaert, enseignant à l’Institut Technique Libre d'Ath. « Les directeurs de nos 7 écoles ont commencé à réfléchir ensemble à ce qu'on allait faire au niveau du PECA en vue de l'arrivée du tronc commun. Après avoir nommé un délégué par école, on a établi une sorte de cadastre de tout ce qu'on faisait déjà, ce qui nous a permis de réaliser qu'on menait déjà plein d'activités, mais aussi de faire germer l'idée qu'on pouvait mener un projet commun. Mais pas n’importe quel projet. On voulait réaliser quelque chose qui fasse sens pour tout le monde, qui parle aux élèves et qui puisse justement mettre en valeur toutes ces activités culturelles et artistiques qu’on mène déjà dans nos écoles.»  

Plusieurs idées se dégagent comme celle de mener un projet en lien avec les thèmes de l'Humain et de la Nature. Et bien sûr, celle de la caravane, pour mieux amener la culture aux élèves d'une manière inédite et mobile et lui permettre de circuler entre les écoles, mais aussi vers le monde extérieur. Entre la théorie et la pratique, le projet connaît alors quelques difficultés, dont la principale, celle liée à l’achat de la caravane. «On a eu une belle et plus mauvaise surpriseen novembre 2024 », continue Olivier Planckaert. «On a appris que le budget de 3500 euros avait été validé pour le projet, mais qu’il était réservé aux seules activités culturelles.» Autrement dit, ce budget ne pouvait pas servir à l’achat du véhicule.   

Après des mois de recherche, la solution vient finalement de l’intérieur. Les délégués sont allés plaider leur cause au sein des directions des 7 écoles. «Ils nous ont tous soutenus directement, ce qui nous a permis de financer l’achat de la caravane.»  

Remis sur les bons rails, le projet pouvait entrer dans sa deuxième phase. «On a alors lancé un appel aux élèves intéressés au sein des 7 écoles», ajoute FannyAbbeels, enseignante à Saint-François à Ath.  «Cela nous a rapidement permis de dégager une équipe d’une petite vingtaine d’élèves issus de toutes les options, de toutes les années, qui ne se connaissaient pas et qui pour la grande majorité, n’avaient jamais fait de graff.»   

Leur défi était de taille: parvenir à maîtriser l’art du graffiti pour insuffler un supplément d’âme à ce projet, le tout en cinq séances de 2h30 à peine. Pour aider les élèves dans cette mission, l'équipe s'est tournée vers un artiste graffeur, AmtyOne. Habitué à encadrer des jeunes, il a su les guider tout en les laissant s'exprimer.   

«On a commencé par un brainstorming. Ils ont exprimé ce qu’ils voulaient voir figurer sur la caravane. Des élèves voulaient illustrer des éléments liés à la forêt, d’autres à la plage. Finalement, on a décidé de faire les deux. Avec comme éléments qui devaient amener du lien, un certain nombre d’alvéoles qui représentaient leurs passions à toutes et tous, qu’elles soient en lien direct avec l’école ou non», précise AmtyOne. « Au fur et à mesure du projet, ils se sont dévoilés, découverts, ce qui a amené une symbiose naturelle. Même si ça n'a pas toujours été facile. En plus d’être quasi tous des débutants, ils ont dû travailler à beaucoup sur une surface assez petite finalement et qui ne se prête pas toujours aux graffitis. Mais le résultat final en jette et ils en sont fiers, ce qui est aussi le plus important.»  

Des amitiés sont nées sur la route

Zina, élève de 6eà Saint-Charles de Péruwelz, ­Jordane et Estelle, respectivement en 3eet 4e au Collège ­Saint-Augustin d’Enghienne retiennent que de bons souvenirs de cette expérience.  

« On ne se connaissait pas avant. On fait partie d'écoles différentes et on n'est pas dans les mêmes années, mais ce projet nous a permis de nouer de belles amitiés. On n’avait jamais fait de graff avant, mais c’est une chouette expérience et une belle découverte. Et puis Gauthier, "AmtyOne", a su nous motiver et nous fédérer pour nous donner le goût de continuer. On a pu tous ettoutesexprimer ce que l’on voulait parle graffpour un résultat final qui nous plaît vraiment beaucoup.»  

La personnalisation de laPECA'ravaneet sa mise sur la route signifientla find’une étape importante mais marquent aussi le début d’une nouvelle aventure. Une aventure qui se forgera sur la route, au fil des destinations. «L’idée de départ,ça a toujours été de faire vivre ce projet», poursuivent Olivier Planckaert et Fanny Abbeels. «Notre PECA’ravane sera amenée à être la vitrine de nos réalisations scolaires tant au sein des écoles qu’en dehors. Nos collègues travaillent déjà pour développer des idées autour de notre caravane. On pourrait penser à des projets de podcast, elle pourrait servir de loges pour des représentations artistiques, accueillir aussi des ateliers culinaires, ou toute autre idée qu’on pourrait mener en collaboration avec des acteurs culturels. Les idées ne manquent pas!» 

«Ce qui est aussi fou dans ce projet, c’est qu’on a l’impression qu’il a été mené par une seule école, tant la coordination et l’entente ont été excellentes», conclut Olivier Planckaert. «Pourtant, on fait partie de sept écoles différentes. Le fait est qu’on a tous été portés par une fantastique énergie de groupe et que tout le monde – des enseignants aux élèves sans oublier les directions - a pu apporter ses idées pour n’en former qu’une seule au final. Alors quand on sait que c’est parfois compliqué de mener un projet au sein d’une seule école, on ne va pas bouder notre plaisir.»  

Et si le plus beau finalement dans ce projet, ce n’était pas la PECA’ravane - même si elle en jette un max, on est d’accord - mais l’incroyable aventure humaine qui a rendu tout cela possible ?  

Les délégués et écoles qui ont rendu cette PECA’ravane possible:   

  • Fanny Abbeels | Institut Saint-François d'Ath  

  • Cindy Bruneau et Bernard Ameryckx | Collège de la Visitation et de la Berlière - Lessines et Houtaing  

  • Alisson Devos | Institut Saint-Charles de Pérulwelz  

  • Pauline Dupont | Collège Saint-Julien d'Ath  

  • Olivier Planckaert | Institut Technique Libre d'Ath   

  • Sabrina Wittemberg | Centre éducatif Saint-Pierre de Leuze en Hainaut 

  • Fabienne Coppee, Gérald Dechamp et Juliette ­Hubert | Collège Saint-Augustin d'Enghien 

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