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Préformation technique :
un tremplin vers une découverte solide des métiers techniques

Par Gérald Vanbellingen
Cas d'école

À l'Institut technique supérieur ­Cardinal Mercier de Schaerbeek (ITSCM), une formation originale et porteuse de sens permet de concilier découverte des métiers techniques et consolidation des bases en français, mathématiques et méthodologie. Baptisée préformation technique et étalée de mars à juin, elle accueille chaque année une dizaine d'apprenants qui auront pour objectif de clarifier leur projet professionnel, de tester leurs compétences et de booster leur confiance en eux.

« L’idée principale, c’est vraiment de mêler orientation et les métiers techniques (installateur électricien, agent de maintenance, technicien en systèmes automatisés, etc…) tout en travaillant les bases. On ne parle pas d’alphabétisation, mais d'être capable de s’exprimer, rédiger un texte, renforcer la méthodologie ou les acquis en mathématiques, selon les besoins de chacun », explique Xavier Delacourt, coordinateur de la formation. «Pour leur permettre de découvrir ce panel de métiers, on prend le parti de les mettre littéralement dans le bain. Ce qui est pour nous la meilleure façon d’évaluer à la fois leurs aptitudes, leur motivation mais aussi pour eux de découvrir ce qui leur plait réellement. »

Parallèlement aux cours techniques et de (re)mise à niveau, la préformation technique inclut également un volet méthodologique. Celui-ci est essentiel pour préparer la suite du parcours avec, entre autres, de la recherche d'informations, un travail sur la présentation orale, la gestion des conflits ou encore l’organisation du travail.

Découvrir les métiers techniques de manière concrète

Après une première partie de formation durant laquelle les apprenants fréquentent l’ITSCM à raison de 5 jours par semaine, l’horaire de la seconde partie comprend une journée hebdomadaire à Technicity. Une ouverture à ce Pôle Formation Emploi (PFE) orienté vers l’industrie technologique ouvre encore davantage les perspectives des apprenants en les mettant au contact d’autres métiers encore. Ceux liés à la maintenance industrielle, les frigoristes, les systèmes automatisés, etc., leur permettent d’échanger et de rencontrer des pros. 

Au bout de quatre mois, la préformation technique se clôture par un moment fort, celui de la présentation d'un projet professionnel devant un jury. «Les participants y expliquent leur choix de futur métier et de formation liée. Ils doivent montrer quils se sont renseignés de manière concrète sur les horaires, le contenu des cours, le lieu où ça se donne, le diplôme visé, l'investissement matériel nécessaire et aussi ladéquation avec leur vie privée. Tout projet davenir est évidemment bon! De notre côté, on vérifie surtout que ça leur tienne à cœur, quils ont les bonnes infos, que ça leur corresponde aussi dun point de vue des aptitudes. On essaie également de les inciter à être plus ambitieux encore.Je préciserai que nos apprenants sont tout à fait libres dentamer ensuite une formation chez nous ou ailleurs. »

Dimension importante de cette préformation technique : l’évaluation finale (le projet) n’est pas certificative. « Ça nous permet de travailler le rapport de nos apprenants à l’évaluation. Elle reste, entre guillemets, sanctionnante, mais dans un sens positif. On invite alors les apprenants à revoir certaines parties de leurs projet personnel, à revoir leur méthode ou leur organisation de travail, etc. Leur épanouissement passe vraiment en premier. Quand on voit nos apprenants revenir avec un bachelier, une formation en poche ou un emploi, en disant qu'ils ne pensaient pas du tout pouvoir y arriver au départ, c'est vraiment la plus belle des réussites », conclut le coordinateur.

Des partenariats au cœur de projet

En plus d’un partenariat avec Technicity, la préformation technique repose sur deux partenariats essentiels. D’un côté, l’ASBL Convivial qui joue un rôle central d’orientation vers la préformation technique. Elle repère puis sélectionne des candidats et vérifie leurs conditions d’accès à la formation. Si le public cible s’est élargi au fur et à mesure des années – la préformation technique était en premier lieu pensée pour un public de migrants ou primo-arrivants – l’ASBL continue d’être le premier maillon de la chaîne. L’autre partenaire de l’ITSCM dans cette préformation, c’est Mission locale de Schaerbeek ou la Milocs. Troisième pilier du projet, elle constitue son bras accompagnateur. La Milocs va soutenir et accompagner les apprenants dans leurs réalités de vie, sécuriser leur parcours, multiplier les occasions d’exploration professionnelle (visites d’entreprises, Technicity) et compléter le travail méthodologique mené à l’école, ...

Le début d’un projet professionnel porteur de sens

Angelo Almachi Mendoza et Devin Can sont tous deux passés par la préformation technique à l’ITSCM. Le premier cité a ensuite opté pour une formation d’un an en électromécanique. Un choix porteur qui lui a permis de signer un contrat - quelques jours avant de recevoir son diplôme - auprès des cliniques universitaires ­Saint-Luc. «Cette préformation technique me tenait vraiment à cœur», précise Angelo. « Ça m’a permis de pouvoir découvrir pas mal de secteurs, de toucher un peu à tout et de finalement découvrir ce qui me plaisait. Xavier Delacourt m’a beaucoup soutenu et encouragé, tout comme la Milocs. C’est aussi grâce à eux, à leur accompagnement et aux stages qu’ils ont trouvé que j’y suis arrivé.  Ils fournissent un excellent travail.»

Devin Can est lui aussi passé par cette préformation technique, de mars à juin 2024. «Jai eu mon CESS après des études dans ladministratif, mais un premier emploi ma montré que ça ne me correspondait pas trop. Jai alors repéré les projets dorientation proposés par Actiris via la Milocs. Les tests dorientation mont permis de définir mes centres dintérêts professionnels», explique Devin Can. Il prend alors la direction de la préformation technique de l’ITSCM en voulant devenir agent de maintenance en électromécanique.«Je me souviens que le premier jour, jai hésité à arrêter directement parce quon ma demandé de faire des choses qui dépassaient mes compétences... Mais je me suis accroché et jai bien fait! Les profs étaient géniaux, jai pu faire plein de découvertes, comme en dessin technique ou en électricité résidentielle. C’était gratifiant de se voir progresser, petit à petit, dans un contexte pédagogique très positif et presque familial.»

Après la préformation, il poursuit son cursus au Cardinal Mercier en agent de maintenance, de septembre 2024 à septembre 2025. Cela lui permettra d’effectuer un stage à la STIB. Actuellement mis en réserve de recrutement, il poursuit ses recherches d’emploi et/ou de formation, avec notamment l’idée de se former en tant qu’opérateur CNC (commande numérique par ordinateur). Un métier dans lequel on crée des pièces de précision en contrôlant des machines par ordinateur.

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