- Mission de l'école chrétienne
- Quand MEC sort de « l’étagère »
- Une exposition… et une dynamique pour demain
- « Mission de l’école chrétienne »
- Former des citoyens responsables par la pratique quotidienne
- EXP’OSONS-NOUS ! quand les projets d’école deviennent leçons de citoyenneté
- Des messages de paix distribués dans tout le village pour le 11 novembre
- Un quiz musical qui a nourri la solidarité et déconstruit des préjugés
- Une fresque et une vidéo qui ont mis des visages sur la diversité
- Le cours de religion actuel, un laboratoire de dialogue et de citoyenneté
- Lier enracinement et ouverture
Alors que notre époque semble avoir perdu l’art du dialogue, l’éducation à la citoyenneté devient de plus en plus urgente. À travers le projet « Exp’osons‑nous » mené par le CoDiEC du Hainaut et les nombreuses initiatives qu’il a suscitées, ce dossier montre comment notre projet éducatif «Mission de l’école chrétienne» s’incarne dans les pratiques quotidiennes de nos écoles. De quoi offrir aux élèves des expériences concrètes pour penser, débattre et vivre ensemble pleinement.
Mission de l'école chrétienne
A l'heure où les négociations politiques s'enlisent de plus en plus dans des logiques de camps ; où les positions tranchées prennent le pas sur l'écoute et le compromis ; où l'anonymat sur internet et les réseaux sociaux libère les pires excès ; et où, à l'échelle mondiale, les tensions se règlent trop souvent par la force plutôt que par la diplomatie, notre époque semble avoir perdu l'art du dialogue.
Face à ces dérives, l'école se doit plus encore d’être un rempart essentiel pour former des citoyens capables de débattre sans s'invectiver, d'argumenter sans diaboliser, de comprendre la complexité plutôt que de céder aux raccourcis et d’accepter les différences comme autant de richesses plutôt que comme motifs d’opposition. L’urgence de l'éducation à la citoyenneté se situe là.
Dans ce dossier, Entrées libres part à l’exploration des multiples facettes de l’éducation à la citoyenneté. Avec comme point de départ, le projet «Exp’osons-nous», mené l’an dernier par le CoDiEC du Hainaut. Un projet qui a donné à voir, de façon très concrète, comment notre projet éducatif « Mission de l’école chrétienne » (MEC) irrigue la vie quotidienne des écoles et peut devenir un moteur de transformation citoyenne.
Quand MEC sort de « l’étagère »
À l’origine du projet figure une conviction forte issue d’une équipe transversale - baptisée Sens - qui rassemble plusieurs acteurs du CoDiEC du Hainaut : « MEC n’est pas un simple texte, mais un projet éducatif qui doit animer nos écoles », résume Cécile Piette, directrice diocésaine pour les enseignements secondaire, supérieur, pour adultes et CPMS. « Exp’osons-nous » visait un triple objectif : faire vivre le projet éducatif dans nos écoles, mais aussi les amener à se rendre compte qu’elles le vivent déjà au quotidien et qu’elles peuvent inspirer, grâce à leurs pratiques, d’autres établissements.
Tout au long de l’année scolaire passée, 28 écoles volontaires ont été accompagnées dans une démarche de relecture conjointe de leurs pratiques et de notre projet éducatif. « On s’est rendu compte que ce qui a fait la richesse du projet "Exp’osons-nous", c’est sa mise en œuvre », explique Pascal Kiesecoms, directeur diocésain pour l’enseignement fondamental. « On a aidé chaque établissement participant à identifier un extrait du projet éducatif, puis à le traduire dans une création de leur choix : une œuvre artistique, une fresque, une exposition, des vidéos ».
Cette mise en lien a parfois provoqué de vraies révélations. « Ah bon ? La transition écologique aussi c’est dans "Mission de l’école chrétienne" ? On aurait pu l’écrire à deux mains ! », s’est exclamée une enseignante qui participait au projet.
Une exposition… et une dynamique pour demain
Cet accompagnement, étalé sur de longs mois de réflexion et de mise en action, a abouti le 20 mai dernier à la mise sur pied d’une exposition grandeur nature au sein du diocèse tournaisien. L'exposition réunissait les œuvres des 28 écoles participantes. Chaque projet étant représenté par un roll-up affichant à la fois une illustration du projet réalisé, le nom de l’école, un QR code et l’extrait de « Mission de l’école chrétienne » auquel elle était associée. « Un moment très fort, marqué par une joie partagée étonnante », se souvient Bernard Ghislain, animateur en pastorale scolaire pour le secondaire. « Les écoles du fondamental et du secondaire y ont échangé leurs lectures, leurs démarches, leurs trouvailles. »
Mais « Exp’osons-nous » ne s’est pas arrêté avec l’exposition. « On ne voulait pas que ce soit un "one shot" mais au contraire, le point de départ d’une dynamique ouverte. Chaque école a conservé son roll-up, qu’elle expose souvent dans un hall d’entrée ou lors de portes ouvertes. Nous avons conservé une copie de ces roll-up à la maison diocésaine », complètent Bernard Ghislain et Françoise Prévost, animatrice en pastorale secondaire pour le fondamental. « Ce matériel est désormais disponible pour des établissements qui souhaiteraient s’en inspirer. L’idée, c’est de permettre à d’autres écoles d’entrer dans la démarche afin qu'elles créent leur propre panneau, leur propre trace, et que l’esprit d’"Exp’osons-nous" mais aussi et surtout de "Mission de l’école chrétienne" continue de circuler. »
Précision importante : pour toute équipe qui voudrait se lancer dans l’aventure, l’équipe diocésaine du Hainaut est prête à accompagner toute nouvelle initiative. L’aventure n’est donc pas close, mais bel et bien appelée à se poursuivre, au fil des projets et des rencontres.
Dans les pages qui suivent, nous vous proposons de découvrir quelques-unes de ces initiatives : des façons singulières, vivantes et profondément citoyennes de faire résonner « Mission de l’école chrétienne » au cœur des écoles.
« Mission de l’école chrétienne »
L’enseignement catholique a actualisé en 2021 son texte de référence, « Mission de l’école chrétienne », une réécriture complète qui succède aux versions de 1975 et 1995 et qui répond aux défis d’une société plus individualiste et fragmentée. Elle réaffirme la priorité donnée aux savoirs de base, au développement du jugement critique et à la formation de jeunes capables de vivre et d’agir avec les autres. Le texte assume la tradition chrétienne qui inspire ce projet éducatif. Tout en excluant tout prosélytisme et, en soulignant la liberté de penser. Dans un contexte de sécularisation et de prolifération de fausses informations, il plaide pour une éducation philosophique et citoyenne intégrée à l’ensemble des apprentissages.
Former des citoyens responsables par la pratique quotidienne
Pourquoi ne retrouve-ton pas de case « philosophie et citoyenneté » dans l'horaire de nos écoles au contraire des autres réseaux ? La réponse – un choix clair et assumé par le SeGEC - tient à la nature même des compétences visées. En effet, le décret Missions (qui définit les missions prioritaires des enseignements fondamentale et secondaire) révèle que l'éducation à la citoyenneté repose essentiellement sur des compétences transversales : savoir débattre, argumenter, respecter le pluralisme, développer l'esprit critique. Autant d’aptitudes qu’il serait dommage, voire impossible de cantonner entre les murs d'un seul cours.
Au contraire, cette éducation à la philosophie et à la citoyenneté se traduit concrètement sur le terrain. Les sciences et la géographie apportent les connaissances sur le développement durable, le cours de religion aborde les enjeux éthiques, tandis que des projets collectifs – tri des déchets, marches pour le climat, conseils d'élèves – permettent l'expérimentation démocratique. Et on en passe. « La citoyenneté s'acquiert, elle ne s'apprend pas », rappelle le texte de « Mission de l’école chrétienne ». L'enseignement catholique et libre en a fait son credo. Former des citoyens responsables passe moins par la théorie que par une pratique quotidienne, tissée dans chaque discipline et chaque initiative scolaire.
EXP’OSONS-NOUS ! quand les projets d’école deviennent leçons de citoyenneté
À Brugelette, Boussu ou encore Chimay, les élèves ont transformé les apprentissages citoyens en expériences vécues. Portés par « Exp’osons-nous », ces projets témoignent de la créativité et de l’engagement des écoles pour construire un vivre-ensemble plus solidaire, plus ouvert et plus humain.
Des messages de paix distribués dans tout le village pour le 11 novembre
Avec « Exp’osons-nous », l’école Sainte-Gertrude de Brugelette a mis en valeur un projet lancé en 2017 : « Celui des cartes du 11 novembre ». Un projet qui a germé suite à l’élaboration d’un autre projet, baptisé« Ose le vert ». « On voulait réaménager la cour de récré. Pour se donner des idées, on a recherché des vieilles photos de la cour et de l’école, pour voir si la disposition des lieux avait évolué au fil du temps. Parmi ces photos, il y en avait une qui datait de la Première Guerre mondiale où l’on voyait des soldats allemands occuper l’école. Cela nous a tous interpellés », se souvient Nathalie Lelubre, enseignante en classe de structure et d'aide à la socialisation (SASS) à Brugelette. « Puis, en effectuant quelques recherches complémentaires, les élèves se sont rendu compte que pendant la Première Guerre mondiale, les pigeons étaient utilisés pour envoyer des messages. De fil en aiguille, l’idée de partager un message de paix a émergépour finalement donner naissance au projet des cartes du 11 novembre, qu’on a mis sur pied en lien avec la pastorale scolaire. »
L’idée générale consiste à permettre à chaque élève d’écrire, de dessiner, de colorier ou d’illustrer comme il veut sa carte du 11 novembre. Un message qu’ils rédigent en classe avec les titulaires, avant de les déposer ensuite dans l’ensemble des boîtes aux lettres du village.
« C’est une façon d’aborder l'Armistice au sein des classes de manière plus ludique », précise Nathalie Lelubre. « Chez les plus grands, on développe évidemment plus le contexte historique, mais chaque élève de l’école y participe à sa manière. Et puis, c’est une belle façon d’ouvrir l’école sur l’extérieur. On participe à la vie du village, nos élèves font des rencontres et comprennent que le savoir-vivre en général ne s’arrête pas au seuil de la classe ou de l’école. Au moment de la distribution, les élèves expliquent la démarche aux personnes que nous croisons et auxquelles ils distribuent les cartes. On voit le plaisir sur les visages de ces personnes mais aussi la fierté sur ceux de nos élèves et ça, c’est génial. »
Cerise sur le gâteau, après la distribution, les élèves reçoivent également de nombreux remerciements en retour. « On reçoit des cartes, des mots et pas mal de messages sur un groupe "Habitants de Brugelette" dont beaucoup sont adressés directement aux élèves. C’est vraiment très sympa car chaque année les titulaires et les élèves s’investissent beaucoup dans l’opération. Alors ce n’est évidemment pas le but, mais c’est un sacréplus. Une reconnaissance qui est importante et qui a peut-être plus de sens encore vu qu’on est dans le spécialisé », conclut Nathalie Lelubre.
Un quiz musical qui a nourri la solidarité et déconstruit des préjugés
Du côté de l’Institut des Aumôniers du Travail de Boussu, « Exp’osons-nous », a pu mettre en lumière un projet de solidarité mené pour la toute première fois au cours de l’année scolaire passée. Une double opération qui associait récolte de denrées alimentaires et de produits d’hygiène ainsi qu’un quiz musical dont le droit d’entrée se payait d’ailleurs en aliments ou produits d’hygiène !
Avec au total plus de 200 kilos de denrées récoltées au profit d’associations, cette première édition a largement dépassé les attentes. « C’était chaleureux et convivial et on avait treize tables en tout, soit une centaine de personnes au quiz musical… Pour nous, c’était énorme », confie Audrey Dumont, professeure de religion au sein de l'établissement. « On avait déjà lancé les idées, mais le projet "Expo’sons-nous" et l’accompagnement qui nous a été fourni nous a permis d’accélérer et d’agrandir l’opération ».
En parallèle du quiz, la récolte des denrées s’est étalée sur trois jours, un rythme « épuisant » que l’équipe ne souhaite plus reproduire tel quel, même si le résultat a dépassé les espérances. « On est arrivés avec deux camionnettes pour les associations soutenues : L’entraide de Ghlin, La Petite Maison du Peuple de Colfontaine et Le Resto du Cœur de Quiévrain-Honelles. Ils étaient ravis », souligne Audrey Dumont.
Les élèves ont été les premiers surpris par la quantité, par la générosité, ou même par la qualité des dons qui ont afflué. « Ils s’imaginaient que les gens allaient venir avec un paquet de pâtes premier prix et en fait non. Les participants sont arrivés au quiz musical avec bien plus que les trois kilos demandés, et souvent avec des produits de marque ».
Au-delà de l’opération elle-même, ce projet revêt une dimension essentielle pour l’équipe éducative. C’est une manière concrète d’aborder la solidarité et de déconstruire certains préjugés bien ancrés chez les adolescents. « On se rend compte qu’ils ont des a priori sur la pauvreté, sur le chômage, etc. On voulait leur montrer qu’on peut aider, qu’on on peut faire avancer les choses, et que les personnes en difficulté ne sont pas forcément responsables de leur situation »
Portée par l’accueil très positif de cette première édition, l’équipe éducative prépare déjà activement la suite pour cette année scolaire-ci. Le quiz musical est encore en chantier mais un nouvel appel a été lancé aux associations pour poursuivre la dynamique. « Si on fait déjà aussi bien que cette année, on sera contents. Si on fait mieux, on sera encore plus heureux », sourit Audrey Dumont.
Une fresque et une vidéo qui ont mis des visages sur la diversité
Qu’elle soit déclamée en français, néerlandais, italien, anglais, arabe, somalien, portugais, espagnol, en cht’i, en wallon ou dans n’importe quelle langue, la Déclaration universelle des droits de l’homme doit pouvoir s’appliquer à toutes et tous, partout dans le monde.
C’est au moyen d’une vidéo qui montre des élèves du Dispositif d'accueil et de scolarisation des élèves primo-arrivants (DASPA) réciter les différents articles qui constituent la Déclaration dans leur langue d’origine, mais aussi grâce à une fresque de portraits, que le Collège Saint-Joseph de Chimay a choisi de s’intégrer à l’aventure « Exp’osons‑nous ». Un projet profondément humain, qui parle de droits, d’identité et de diversité.
À l’origine, l’équipe éducative imagine un projet qui met véritablement en lumière ces jeunes primo-arrivants du DASPA encore méconnus, même au sein de l’école. « On voulait montrer que la couleur de peau ne fait pas toute l’identité d’un élève », explique Maïté Dalle-Rive, l'enseignante qui a repris le projet lancé par Delphine Strimel. Sur la fresque, les portraits sont donc réalisés en noir et blanc, rassemblés en une mosaïque qui occupe aujourd’hui un roll-up installé dans le couloir de la direction. « Quand les gens passent, ils voient ces visages. Certains élèves sont toujours là cette année, pour eux, c’est une chouette mise en valeur. »
Une vidéo est venue ensuite compléter cette fresque visuelle. Chaque élève y lit un article des droits humains dans sa langue maternelle, avec l’aide de professeurs de langues. L’ensemble rappelle que les droits fondamentaux valent pour tous, et que si certains jeunes ont dû quitter leur pays, c’est aussi parce que ces droits n’y étaient pas ou plus respectés.
Un projet génial qui doit contribuer à faire évoluer les mentalités, à l’école comme en dehors. « Le DASPA a été lancé en 2019 chez nous. Au début, beaucoup d’élèves mais aussi d’enseignants se demandaient ce que c’était réellement. Pas mal de stéréotypes et autres clichés négatifs entouraient ces élèves, venus parfois de très loin. Aujourd’hui, même si ces stéréotypes sont assez durs à effacer, on constate qu’ils s’effritent petit àpetit que la tolérance gagne du terrain et que le DASPA est globalement mieux compris et perçu. Ce projet de fresque et de vidéo y a contribué. Tout comme notre autre projet de marche gourmande qui a permis d’ouvrir nos élèves "classiques" aux cultures de nos élèves du DASPA grâce à de bons repas. Ou encore le nouveau contenu du cours de religion qui met désormais l’accent sur l’ouverture du dialogue autour des convictions et des valeurs. C’est enrichissant à tous points de vue ».
Pour en savoir plus sur le projet, rendez-vous ici.
Le cours de religion actuel, un laboratoire de dialogue et de citoyenneté
La diversité des convictions dans la société comme en classe oblige à repenser la manière d’enseigner la religion. Le nouveau programme répond à ces défis en faisant du cours un espace de recherche collective, où supports chrétiens et questions des élèves se rencontrent. En adoptant une posture de cochercheur, l’enseignant ouvre un cadre propice au dialogue, à la réflexion et à l’expression personnelle : autant de compétences essentielles pour une citoyenneté active et éclairée.
Face à des classes dans lesquelles se côtoient des élèves de confessions catholique, musulmane, juive, des non-croyants ou simplement des élèves indifférents face aux croyances, beaucoup de professeurs de religion s’interrogent : quel sens donner aujourd’hui au cours de religion ? « C’est vraiment l’une des interrogations qui revient souvent lors des communautés de pratiques. Les enseignants nous disent que la religion, ça ne parle plus aux élèves… voire même aux enseignants eux-mêmes », rapportent Pascale Marbaix et Bénédicte Timmermans, conseillères au SeGEC pour le cours de religion. « Or, la réponse à cette profonde remise en question, elle vient du nouveau programme du cours de religion. Un programme qui a fait sa révolution pour ouvrir une nouvelle manière d’enseigner. »
Lier enracinement et ouverture
Le cours n’est plus conçu comme un moment de transmission de savoirs chrétiens, mais comme un espace de recherche collective. « La porte d’entrée du cours de religion actuel, c’est vraiment la recherche de sens », insiste Bénédicte Timmermans. « Alors, c’est important, on part toujours de supports chrétiens — des récits bibliques, des fêtes, des symboles, des œuvres — mais ces supports servent surtout de tremplins pour interroger des réalités très concrètes et aborder des sujets variés comme la solidarité, la violence, la manière d’accueillir l’autre, notre rapport à la vérité dans un monde saturé de discours, etc. Avec cette dimension très importante, que les sujets peuvent aussi venir des élèves. »
« Partons d’une crèche de Noël, sujet très actuel, on peut vraiment explorer plein de sujets qui font sens pour les élèves ou qui les interpellent », poursuit Pascale Marbaix. « Une enseignante prenait cet exemple pour nous dire que de la crèche de Noël, avec un bébé qui vient de naître, mais presque tout nu sous les étoiles et dans la paille, les élèves en sont venus à se poser des questions sur l’égalité des chances, sur l’exclusion et les responsabilités de chacun. »
Ce changement de perspective transforme profondément la posture de l’enseignant. « Il écoute les questions des élèves… et devient cochercheur », continue Pascale Marbaix. « En adoptant cette horizontalité, l’enseignant retrouve une place ajustée où il n’est plus dans l’obligation d’avoir la "bonne réponse", mais dans celle d’ouvrir un chemin, d’aider à relier les expériences et les convictions. » Une manière de faire qui apaise les tensions. Les élèves sentent qu’il ne s’agit pas d'essayer de les convaincre, mais plutôt de les accompagner dans leur questionnement et leur recherche de sens.
Cette attitude encourage aussi l’expression personnelle. Au final, le cours de religion devient l’un des lieux privilégiés où chacun peut dire ce qu’il pense, nommer ses doutes, expliquer sa tradition ou son absence de tradition. « On ne peut pas dissocier ce qui nous constitue : la religion, les émotions, la citoyenneté, tout forme un tout », conclut Bénédicte Timmermans. « C’est précisément cette articulation qui rend le cours si précieux dans une école pluraliste telle qu’on la connaît aujourd’hui : il apprend à l’élève à dire "je" en présence d’autres "je". »
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