Trois profils, une vision commune : c'est le pari réussi de la Cellule durabilité du SeGEC. Lucas De Backer, Marie Vander Meulen et Déborah Buekenhoudt ont choisi de répondre en trio à un appel à candidature qui n'en demandait qu'un duo. Un acte de rébellion constructif qui illustre déjà leur approche : faire bouger les lignes, ensemble.
Des parcours qui se complètent
Lucas, économiste passé par la gestion économique puis la Centrale de marchés, voyait « plein de choses qu'on peut mettre en place au SeGEC » et avait envie « de faire partie du changement, de la nouvelle dynamique ». Marie, institutrice reconvertie en architecture et travaillant sur les bâtiments scolaires, souhaitait mettre en lumière un domaine d'intérêt déjà présent dans l'institution mais de façon diffuse. Quant à Déborah, également issue du monde pédagogique puis devenue communicante, elle portait déjà ces préoccupations dans sa classe : « Ce sont des projets que j'adorais faire avec mes élèves, que ce soit le Défi énergie ou le réveil climatique. »
En arrivant au SeGEC, elle pose un constat rapidement : « Il n'y a pas grand-chose qui est fait, donc il y a tout un chemin à dessiner. » C'est cette opportunité qui l'enthousiasme. « On a tous les trois une fibre environnementale », résume Lucas. Mais au-delà de cette sensibilité partagée, c'est la complémentarité de leurs parcours qui fait la force du trio. « Des parcours très différents qui se complètent », souligne Déborah.
Institutionnaliser pour mieux agir
La création de cette cellule répond à une volonté claire du SeGEC : donner un appui institutionnel à des initiatives jusque-là éparses. « Donner du poids à cette thématique », comme l'explique Marie. Car si de nombreuses écoles montrent l'exemple en matière de transition écologique, il était temps que le SeGEC affirme lui aussi son adhésion et puisse, pourquoi pas, les inspirer.
Le tournant décisif est venu avec l'appel à projet de la Loterie Nationale, remporté par la cellule. Ce subside permet un accompagnement par éco-coaching, avec pour objectif la réalisation d'un bilan carbone complet de l'institution. « Ça nous a permis de mettre un cadre », explique Lucas. « Au tout début, on arrivait avec des idées un peu disparates. Le bilan carbone nous permet de dégager des pistes d'amélioration structurées. »
Une démarche collective encourageante
L'atelier bilan carbone organisé récemment a réuni les personnes-ressources de différents services. « Tout le monde est venu avec de l'enthousiasme, personne n'est arrivé avec un pied de plomb », se réjouit Lucas. La participation de représentants de chaque direction d'enseignement a été particulièrement précieuse, notamment grâce au « regard neuf » des nouveaux arrivants qui permet de « remettre le nez » sur des habitudes devenues invisibles avec le temps.
L'enquête mobilité lancée en septembre-octobre a également été un moment fort : 111 personnes ont répondu, un taux de participation qualifié d'« énorme » par 21 Solutions, l'organisme accompagnateur. « Ça montre un intérêt, une ouverture des collègues à se lancer dans un plan d'action », analyse Déborah. Un premier point que la cellule soulève est le nombre de collaborateurs qui viennent travailler à vélo. La proportion est supérieure à la moyenne bruxelloise.
Des défis à relever
Travailler à trois sur un projet d'envergure avec seulement quelques heures dédiées par semaine pourrait sembler mission impossible. Pourtant, l'équipe reste optimiste. « La mise en route est plutôt encourageante », confie Marie. « Les craintes s'envolent un peu face aux signes positifs. »
Le défi principal reste le rythme institutionnel. « Le temps de mise en place d'actions ralentit la démarche », observe Déborah, qui compare avec ses projets en classe où elle avait carte blanche. « La confiance est là, mais le mode de gouvernance fait que tout prend du temps. »
Cap sur l'action concrète
D'ici janvier 2026, le plan d'action issu du bilan carbone devrait être prêt. L'objectif est clair : mettre en place les premières actions visibles, avec l'adhésion du personnel. « Notre but, c'est que la démarche soit soutenue par 90% de tout le monde », insiste Lucas. Pas question d'imposer sans concerter – supprimer les bouteilles d'eau, oui, mais en installant une fontaine pétillante !
La cellule mise sur la communication régulière pour maintenir la dynamique : retours sur l'enquête mobilité, avancées du projet, actions concrètes. « Pour que les gens voient que ça bouge », comme le dit Lucas.
Au-delà de la transition écologique, l'ambition est aussi de réaliser des économies, « ce qui n'est pas anodin aujourd'hui ». Déborah espère surtout « que ce soit le début de l'histoire de la cellule, tout simplement ». Une histoire qui se construit jour après jour, portée par la conviction que le changement est possible – et déjà en marche.
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