Née d'une intuition simple – celle que les initiatives éducatives gagneraient à dialoguer – Be Education orchestre depuis 2019 la rencontre entre 41 associations et le monde scolaire. Portrait d'une ASBL parapluie qui fait de la collaboration son arme contre les fractures du système éducatif.
« Nous, on est vraiment le lien entre les acteurs de l'enseignement et le tissu associatif qui propose des solutions à côté de l'école », pose Adélie de Gerlache. Avec Coline Ponthière, elle coordonne depuis trois ans Be Education, une ASBL parapluie née en 2019 de la rencontre entre des initiatives de terrain et une fondation philanthropique convaincue que ces initiatives gagneraient à mieux échanger entre elles.
Fédérer pour mieux collaborer
Aujourd'hui, 41 associations gravitent dans l'orbite de Be Education. Toutes partagent la volonté d'améliorer le système scolaire par des chemins différents : lutte contre les inégalités, bien-être à l'école, compétences du 21e siècle, citoyenneté... Pour rejoindre le réseau, les associations postulent une fois par an. Plusieurs critères sont définis, mais le plus important, c’est « qu’il y ait un impact réel sur l'enseignement ou sur les élèves », insiste Adélie.
Be Education se définit avant tout comme un facilitateur. « Nous sommes conscientes qu’il existe plusieurs problèmes, mais il y a aussi déjà des solutions », développe Coline. « Ces solutions sont très bien représentées parmi nos associations, donc pourquoi ne pas faire appel à leur expertise de terrain ? »
Concrètement, comment ça marche ?
« Début de semaine, nous avons été contactées par un parent désemparé après le diagnostic de troubles d'apprentissage de son enfant. » Be Education devient alors cette « bonne porte d'entrée » qui renseigne vers des associations comme Dysproges ou les Aidants Bénévoles Scolaires, ainsi que vers les pôles territoriaux de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Sur leur site, un répertoire détaillé des membres facilite le travail : « Toutes les informations y figurent, avec directement les coordonnées de la personne de contact. Les centres PMS ou les CSA apprécient beaucoup cet outil », confirme Adélie.
Former, informer, connecter
L'ASBL organise aussi des rencontres thématiques pour ses membres : sur la réforme du qualifiant, le tronc commun, le plaidoyer politique... « L'expertise vient vraiment de nos membres », souligne Adélie.
Cette dynamique porte ses fruits. En 2024, 84% des membres estiment que Be Education a joué un rôle actif dans le développement de nouveaux partenariats, et 68% collaborent déjà entre eux. L'impact global est impressionnant : les 41 associations ont touché plus de 3300 écoles, 22 000 enseignants et
615 000 jeunes.
Cap sur la Belgique
« On trouve que ça aurait du sens que le BE de Be Education soit vraiment pour Belgique », confie Adélie. Si 13 des 41 membres sont déjà actifs en Flandre, tout le travail de mise en réseau reste concentré sur la Fédération Wallonie-Bruxelles. « Il y a plein de choses positives qui pourraient nourrir ce qui se passe en Flandre, et inversement. » Un défi les anime : développer ces liens sans sacrifier la qualité. Priorité à la qualité plutôt qu'à la quantité : « L'objectif n'est pas d'avoir 150 ASBL demain ! On veut qu'il y ait davantage de collaboration. »
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