La musique est bien plus qu’une discipline artistique. À l’école, elle stimule la concentration, facilite la mémorisation et peut même débloquer certaines difficultés d’apprentissage. Langage universel, elle favorise l’inclusion, renforce la coopération et ouvre de nouvelles portes vers les savoirs. Créative et joyeuse, elle apporte aussi une énergie positive au quotidien des classes. Ce dossier d’Entrées libres met en lumière les nombreux bienfaits de la musique à l’école, à travers des projets concrets menés sur le terrain et une étude qui souligne son rôle dans l’apprentissage des langues.
La musique à l'école ouvre des portes insoupçonnées
Dans les couloirs ou les classes de nos écoles, il suffit parfois qu’une note résonne, qu’un rythme s’installe ou qu’une voix se fasse entendre pour que le tumulte ambiant cède sa place à l’écoute. C’est qu’à l’école, les notes de musique ne servent pas qu’à remplir des cahiers ou à rythmer des récrés. Elles y ouvrent des portes parfois insoupçonnées vers d’autres savoirs et d’autres manières d’apprendre.
« La musique apprend aux élèves à écouter, à se concentrer, à mémoriser autrement », souligne d’entrée Emmanuelle Detry, coordinatrice PECA pour le SeGEC. « C’est très transversal, avec des bienfaits pédagogiques ou plus généraux qui sont vraiment très nombreux. » L’exercice rythmique entraîne, par exemple, le séquençage — si utile en mathématiques — tandis que les chansons facilitent la mémorisation rapide et durable du vocabulaire, des déclinaisons ou de règles complexes.
La musique constitue aussi une approche alternative pour des élèves en difficulté. Elle contourne certains blocages liés à la lecture, aux langues ou même aux mathématiques, en mobilisant d’autres zones du cerveau. « Des enfants qui n’accrochent pas avec une approche plus intellectuelle ou classique trouvent parfois, grâce à la musique, un chemin qui débloque des situations restées sans issue », ajoute la coordinatrice.
La musique, un langage universel
Dans des classes multiculturelles, la musique peut aussi se révéler comme un moyen de communication qui franchit les barrières linguistiques. Elle en devient alors un puissant outil d’inclusion qui valorise les différences, les bagages culturels et les traditions musicales de chacun, en mettant tous les élèves sur un pied d’égalité. « Les rythmes africains, les quarts de ton arabes ou les chansons d’enfance viennent enrichir le paysage musical commun et montrent que tout peut être valorisé », explique-t-elle.
Dans la même logique, la musique peut contribuer à la construction du collectif à l’école. Faire de la musique ensemble, demande d’apprendre à écouter l’autre et à attendre son tour. Une discipline de groupe qui s’installe souvent naturellement, sans que des règles ne soient imposées.
« Sans oublier que la musique, c’est aussi ludique, créatif et souvent joyeux. En classe ou à l’école en général, elle apporte une énergie qui rayonne sur tout le reste de manière positive », conclut Emmanuelle Detry.
Aider les enseignants à intégrer la musique à l’école
Mais pour que ces bienfaits se déploient pleinement, encore faut-il accompagner les enseignants, dont certains sont peu à l’aise ou craignent d’utiliser de la musique en classe. Si le PECA joue bien évidemment un rôle de premier plan en la matière, d’autres acteurs contribuent à faire de la musique un puissant levier éducatif. Comme certaines hautes écoles dont l’IMEP (Institut Royal de Musique et de Pédagogique), qui par ses formations, ses projets pédagogiques et son nouveau département Musique & Transmission soutient activement les enseignants dans cette démarche.
« Ce nouveau département a été créé en avril 2025 », précise Julien Maréchal, son directeur. « Il regroupe 4 entités qui existaient déjà chez nous - la section Pédagogie musicale, la section Musiques de tradition orale, le projet Melchior et le Consortium 3. Nous trouvions intéressant de les rassembler de manière à développer une approche globale de la musique, entre pédagogie, patrimoine et création. »
Un nouveau département transversal à l’IMEP
La section Pédagogie musicale, c’est l’endroit où l’on forme les futurs enseignants de musique pour le fondamental, le secondaire et les académies. Des cursus qui sont enrichis par de nombreux projets concrets, dont des activités dans les écoles. La particularité de la section ? Elle accorde une large place aux musiques de tradition orale, en lien avec le projet Melchior.
Ce projet, né en 2018, collecte, archive et diffuse le répertoire traditionnel musical de Wallonie, via une plateforme en ligne, des enquêtes de terrain et des événements participatifs.
La section Musiques de tradition orale propose, comme son nom l’indique, un certain nombre de cursus différents des musiques de tradition orale. Elle vise à former des musiciens au langage de l’oralité, à les rendre capables de se saisir de l’héritage des traditions orales pour développer une musique actuelle, personnelle et enracinée.
Enfin, le Consortium 3, lié au Pacte, conçoit des outils pédagogiques artistiques accessibles sur la plateforme E-classe.
« Actuellement, le département travaille sur le clapping », conclut Julien Maréchal. « Un projet qui va demander à la section Melchior d’effectuer en premier lieu des recherches au sein de nos ressources de musiques traditionnelles. Ensuite, ce sera à la section Musiques de tradition orale de les réactualiser. Enfin, la section Pédagogique aura pour mission de créer des vidéos avec ces ressources sur le clapping afin qu’elles puissent être utilisées dans les écoles. »
Zoom sur quelques ressources musicales :
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