Sur le papier, le nouveau référentiel de langues modernes ne laisse pas de place à l'improvisation : la langue choisie en primaire sera poursuivie en secondaire. Dans les faits, beaucoup d'élèves changent de langue en cours de route, sans que le référentiel n'ait prévu de méthode pour les accueillir. Faute d’outil prévu pour ces élèves qui repartent de zéro, le SeGEC a comblé ce vide avec le « Starter Kit ».
Le référentiel a été pensé dans la continuité : un élève qui commence l'anglais, le néerlandais ou l'allemand en 3e primaire est censé poursuivre la même langue jusqu'en 3e secondaire. Cette logique s'est heurtée à la réalité de l'offre scolaire dans le secondaire, où beaucoup d'établissements proposent surtout l'anglais, et où les directions doivent solliciter une dérogation ministérielle pour chaque changement de langue.
Face à ce casse-tête, la ministre a fini par lever ce verrou à l'automne dernier, laissant désormais aux directions la décision de faire changer un élève de langue. Mais le référentiel, lui, n'a pas été réécrit pour des élèves qui démarrent de zéro. « On est partis dans tous les sens : examens d'entrée, classes de niveau, dossiers remis aux élèves en leur disant que c'était à eux de se débrouiller », se souvient Nathalie Delvigne, responsable du secteur langues modernes à la Direction de l’enseignement secondaire du SeGEC.
Un groupe de travail réunissant directions et enseignants a été mis sur pied en janvier dernier. « On s’est dit qu’il fallait fournir un outil pour permettre à tous les enseignants d'accueillir ces élèves et de démarrer avec eux. » C'est ainsi qu'est né le « Starter Kit ».
Une boîte à outils pour oser parler
Disponible gratuitement en anglais, néerlandais et allemand, l'outil se présente sous forme de six missions thématiques — se présenter, parler de son école, de sa maison, de ses loisirs, jusqu'à un « lunch virtuel » final — hébergées sur un Padlet. Chacune se conclut par un défi vidéo porté par l'« Explorer Squad », dont les vidéos sont réalisées à l'aide de l'IA. Le principe consiste à donner aux élèves des phrases-clés pour se lancer, sans passer par la grammaire. « L'idée, c'est de donner l'envie de parler, peu importe le niveau de départ », explique Nathalie.
Le kit peut être utilisé en entrée en matière avant le programme habituel, ou intercalé mission par mission avec les unités du manuel, une formule que les enseignants préfèrent pour l'instant.
Pensé pour un problème précis, l'outil séduit bien au-delà. Certaines écoles bruxelloises, non concernées par le changement de langue, l'utilisent aussi, notamment pour des élèves primo-arrivants. Le webinaire de présentation en dit long sur l'attente : « On attendait une vingtaine de participants, il y en a eu 180 », s'étonne Nathalie.
Le « Starter Kit » reste évolutif. Un système de commentaires permet aux enseignants de faire remonter leurs remarques et l'outil sera enrichi d'année en année.
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